Épuisez-moi, Benoît…

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Il y a des jours qui se suivent et qui se suivent. Et puis , il y a un jour qui ne ressemble par aux autres. Celui où le corps vous fait comprendre qu’il faut stopper, que la coupe s’est emplie sans que vous en ayez pris conscience…

Aujourd’hui est un jour comme ceux-là. Un absentéisme galopant devenant ingérable, des injonctions paradoxales d’apporter une vigilance permanente sur les dépenses, une prospective sur les économies potentielles et préserver dans le même temps un climat social rendu délétère par des élections municipales et professionnelles.

Et toi, pris entre le marteau des tutelles, l’enclume du terrain et la faucille des syndicats… Toi qui dois poursuivre inlassablement, inexorablement ton chemin, multiplier les décisions tout en redoutant les conséquences futures. Toi qui vois autour de toi quelques autres être décimés. Amusante l’étymologie de décimer : « mettre à mort une personne sur dix ». La faucille ne m’as pas encore touché mais elle a déjà commencé son oeuvre non loin de moi.

Et toi qui dois montrer l’exemple, en tant que chef. Oh pas bien important comme chef, même pas de la corporation des notables, simplement considéré comme une sorte de petit bourgeois exhumé de la plèbe, qui aurait à la sueur de son front grimpé peu à peu les barreaux d’une échelle bien friable. Montrer l’exemple quand tu n’as plus aucun de tes repères d’antan, ces valeurs qui t’avaient conduit au chevet du malade dans cet espoir d’humanité.

Toi qui dois désormais vénérer la finance, maîtresse ô combien cruelle de l’hôpital public. Et les verbes trompeurs du pourfendeur des dépenses : réorganiser, restructurer, mutualiser, coopérer… Quand tu sais qu’il te faudrait mieux déjà séparer le bon grain de l’ivraie au vu du comportement individualiste forcené de certains qui, tenant plus à leurs acquis indus qu’à l’équité collective, te font affronter les tempêtes sociales et trembler tous ces projets écrits, réécrits, cent fois retravaillés pour au final se courber plus ou moins. Ils sont une poignée, mais leur pouvoir de nuire est si fort que même les plus grands n’osent les affronter. Il y a juste toi, qui les affrontent et qui réussit parfois, mais à quel prix.

L’hôpital public se meurt, ma carrière se termine dans peu d’années. Et me voilà paraphrasant Corneille :

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô carrière ennemie !

N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

Et ne suis-je terni par ces hospitaliers

Que pour voir en ce jour mes valeurs sacrifiées ?

Bon, cessons de nous lamenter. Retournons à cette prochaine réunion qui précédera des centaines d’autres. Utiles ou pas, seul l’avenir saura me le dire.

The Show must go on

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