Le plaisir est-il raisonnable ?

Dahouet

La baie de Saint-Brieuc vue du port de Dahouët – Février 2016

Notes éthiques n° 4

Préambule

Cet article sans prétentions se veut une étude minimaliste sur le plaisir et la raison. Le plaisir est-il raisonnable ? Peut-il être déraisonnable ? La raison doit-elle avoir le primat sur le plaisir ? Questions complexes auxquelles ces quelques pages tenterons d’apporter sinon des réponses, au moins des pistes de réflexion.

Pour commencer nous explorerons les termes en lien avec ce sujet : plaisir, besoin, désir. Dans une deuxième partie, nous solliciterons l’éclairage des philosophes anciens pour mieux comprendre ces concepts.

J’adresse un remerciement particulier au site http://www.philolog.fr/, tenu par Simone Manon, professeur de philosophie. Le chapitre consacré au plaisir sur ce site m’a grandement permis de mieux appréhender le thème que j’ai souhaité approfondir.

Un plaisir, déplaisirs…

Pour qui sont ces plaisirs qui sifflent sur vos têtes ?

Le plaisir se définit comme un “État affectif agréable, durable, que procure la satisfaction d’un besoin, d’un désir ou l’accomplissement d’une activité gratifiante”. 

L’étymologie du mot vient du latin placere «plaire, être agréable, agréer». Nous voyons ici que le plaisir peut être centré sur soi ou sur les autres. Le plaisir dans le dernier cas est – théoriquement – contagieux : je me fais plaisir en faisant plaisir à l’autre, sauf quand le cadeau de Noël ne plaît pas, mais alors pas du tout.

Le plaisir est donc l’aboutissement d’un processus ayant pour point de départ un besoin, un un désir ou le sentiment de vouloir se réaliser personnellement. Pour que j’ai du plaisir, il faut qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie, et ainsi de suite.

Allongez-vous sur le divan

En psychanalyse, le principe de plaisir est un “Principe d’économie régissant l’appareil psychique, qui vise à la réduction des quantités d’excitation et des tensions (sources de déplaisir)”.

Nous verrons qu’Epicure était sans doute l’aïeul de Freud dans cette recherche d’économie, que le philosophe appellera ataraxie, c’est-à-dire une tranquillité de l’âme (voir chapitre Epicure is alive and well) Nous retrouvons aussi une analogie freudo-épicurienne (néologisme, niveau expert) : la dualité excitation/tension qui résonne et raisonne avec celle de plaisir/douleur. Cette dualité sera à nouveau explorée dans la notion de désir (voir chapitre Un plaisir, déplaisirs…/Désir d’avenir).

Besoin vs Désir

Besoin de moi, envie de rien

Parlons maintenant du besoin. Le besoin est une “situation de manque ou prise de conscience d’un manque”. Ce terme de manque pèse lourdement dans le cas de l’addiction : le besoin nécessité d’être satisfait à tout prix. Mais sommes-nous là encore dans le domaine du plaisir ?

Le circuit de la récompense

L’INSERM décrit les mécanismes qui conduisent à l’addiction

L’installation d’une addiction implique au moins trois mécaniques :

 

  • une augmentation de la motivation à consommer la drogue (recherche de plaisir),
  • un état émotionnel négatif (recherche d’un soulagement),
  • une diminution de la capacité à se contrôler (perte de contrôle de la consommation).

 

L’addiction démarre essentiellement avec le plaisir généré par la substance addictive. Cette sensation est due à des modifications électrochimiques s’opérant dans le cerveau en réponse à la consommation de la substance. On observe en particulier la libération de dopamine, la molécule « du plaisir » et de la récompense, dans le noyau accumbens. L’augmentation de la concentration de dopamine résulte de modifications au niveau des transmissions synaptiques dans différentes aires cérébrales, la substance consommée pouvant interférer avec des neurotransmetteurs ou leurs récepteurs.

A cela s’ajoutent d’autres mécanismes, notamment la libération de sérotonine ou encore l’activation des récepteurs aux endorphines, des molécules endogènes impliquées dans l’antalgie et la sensation de bien-être. En cas de consommation régulière de drogue, la stimulation répétée de ces récepteurs entraîne une diminution de la production naturelle d’endorphines. Dès lors, le plaisir n’est plus obtenu que par l’apport de la substance extérieure, ce qui induit une augmentation de la tolérance à cette substance et un manque dès l’arrêt de sa consommation.

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Source : http://www.inserm.fr/var/inserm/storage/images/mediatheque/infr-grand-public/images/dossiers-d-informations/neurosciences-neurologie-psychiatrie/addictions-inserm_52838/659542-1-fre-FR/addictions-inserm_52838_medium.png

L’entrée dans l’addiction est bien liée à l’obtention d’un plaisir provoqué par la libération d’endorphines. Le besoin engendre au début un plaisir, mais qui devient rapidement  incontrôlable. Le déclenchement du plaisir nécessitera alors une augmentation toujours plus grande de la quantité de produit consommé.

Nous verrons plus loin avec l’éclairage des philosophes que cette situation ne peut en aucun cas être la voie pour une vie heureuse.

Nous constatons également qu’ici le plaisir n’est plus raisonnable : la conscience n’est plus en mesure de contrôler la recherche du plaisir, elle est incapable de raisonner.

Le plaisir devient déraisonnable là où la conscience a perdu la raison.

Besoins et soins infirmiers

Petit plaisir personnel d’infirmier du siècle dernier avec une visite chez une très vieille amie, Virginia Henderson (je l’ai rencontrée en 1979, c’est vous dire…). 

Virginia Henderson (1897-1996) est une infirmière de formation qui a conçu un modèle des besoins fondamentaux de l’être humain. Elle a classé ces 14 besoins par ordre d’importance: respirer, boire, éliminer… Ce modèle permet aux infirmiers et autres soignants de réaliser des démarches de soin en analysant les besoins perturbés des personnes soignées.

L’ensemble des besoins doit donc être satisfait pour pouvoir s’estimer en “bonne” santé. Prenons l’exemple du tout premier besoin : respirer. Si nous respirons sans aucune gêne, nous sommes autonomes. De la dyspnée, difficulté à respirer, jusqu’à la ventilation assistée, nous devenons de plus en plus dépendants de soins.

Notons que dans cet exemple, il n’y a pas forcément de “plaisir” conscient à respirer, en dehors d’aller prendre une grande bouffée d’air pur en bord de mer. La difficulté de respirer, générant de la douleur, va amener à la conscience la disparition du plaisir que nous avions à respirer sans gêne. Cette dualité plaisir/douleur sera explorée plus loin avec le regard des philosophes.

Si nous cherchons le plaisir chez Virginia, nous le trouverons dans le besoin de s’occuper et de se réaliser et dans celui de se récréer, respectivement en antépénultième et pénultième places (en clair 12ème et 13ème sur 14 – c’était la minute “Enrichissons notre vocabulaire pour briller dans les soirées mondaines”).

A noter que Virginia avait inventé “Où est Charlie” avant l’heure, car le jeu préféré des élèves infirmiers (et infirmières) à l’époque était de trouver où elle avait bien pu cacher le besoin sexuel. Le consensus (ne cherchez pas, il n’y a pas de jeu de mot) allait vers le besoin de se récréer ; que voulez-vous, les infirmiers/ières aimaient bien jouer au docteur…

Nous retrouvons le plaisir de l’accomplissement dans la satisfaction du besoin de se réaliser, plaisir plutôt psychologique ; quant au plaisir plutôt physique, il peut se classer dans le besoin de se récréer. Nous voyons donc que nous pourrions catégoriser les plaisirs et plaisirs du corps et plaisirs de l’âme, mais nous comprendrons plus loin que cette scission censée cesser sans cesse n’est pas si simplissime (cette allitération vous était offerte par les Saucissons-ci©).

Désir d’avenir

Une des définitions du désir, dans le domaine de la psychologie, est la “Tendance spontanée et consciente vers une fin avec représentation de cette fin”. 

Une différence entre besoin et désir se fait jour : le besoin est le plus souvent inconscient, comme nous l’avons vu pour le besoin de respirer ; le désir, lui (ou elle selon affinités), est certes teinté d’instinct, mais il est présent à la conscience.

Paraphrasons Descartes : “Cupidito ergo sum” (option latin approximatif) ; “Je désire donc je suis”.  Cette emprunt cartésien va nous mener à nouveau vers la psychanalyse.

Pour Freud, l’être humain a pour seul but le plaisir . Mais ce plaisir n’est pas tant ici la résolution d’une excitation, que l’absence de souffrance. Nous retrouvons ici le lien avec Epicure que nous avions décrit précédemment et que nous approfondirons ensuite.

Ce plaisir/absence de souffrance rejoint la citation du chirurgien René Leriche :

La santé c’est la vie dans le silence des organes

Canguilhem G., Le Normal et le Pathologique

Nous ne sommes pas conscient des mouvements internes de notre corps, tant qu’il n’y a pas apparition d’une souffrance ou d’une maladie. Souvenons-nous encore du besoin de respirer décrit par Virginia Henderson : c’est un plaisir dont nous ne prenons vraiment conscience que lorsque nous en sommes privés. Nous pourrions parler ici d’un plaisir inconscient, dont nous ne découvrons l’existence que lorsque la douleur prend sa place.

Plaisir de synthèse

En résumé, le plaisir, sil peut être durable, est le résultat d’un processus chronologique : besoin devenant conscient/désir conscient => action => satisfaction => état de plaisir.

La dualité excitation/tensions s’apparente avec celle de plaisir/douleur.

Il faut aussi envisager le plaisir comme l’absence de souffrance. pour cela, nous allons solliciter l’aide de Platon.

Les plaisirs de la sagesse – La sagesse des plaisirs

Epicure is alive and well

La vérité sur Epicure !

Pour parler du plaisir, rien ne vaut une bonne Epicure de rappel. Loin d’être le jouisseur invétéré des nourritures terrestres et charnelles décrit dans le langage commun, Epicure prônait certes le plaisir comme “le commencement et la fin de la vie heureuse” (Lettre à Ménécée); mais un plaisir simple :

C’est un grand bien à notre avis que de se suffire à soi-même, non qu’il faille toujours vivre de peu, mais afin que si l’abondance nous manque, nous sachions nous contenter du peu que nous aurons (..).

Il y a presque des accents de renoncements bouddhistes ou de voeu chrétien de pauvreté dans ce dernier extrait. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Epicure ne tente pas de nous vendre l’austérité du moine cénobite ou l’ascèse du Bouddha . Il affirme que le plaisir est le “but de la vie” et que ce “bien primitif” nous est essentiel pour pouvoir vivre une vie heureuse. Le plaisir nous aide dans les décisions de vie : ce qu’il faut choisir, ce qu’il faut éviter. A l’instar de l’enfant qui va préférer une friandise plutôt que de se brûler en mettant sa main au feu.

Restons prudents

Mais la recherche de tout plaisir possible et imaginable n’est pas la doctrine épicurienne :

Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des voluptueux inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées, ainsi que l’écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l’âme, à être sans trouble. (Mis en gras par mes soins)

Epicure, Lettre à Ménécée

Il faut donc tout faire pour éviter la douleur physique et morale. Mais tout faire ne signifie pas faire n’importe quoi, comme les voluptueux ou les jouisseurs.  Il faut, d’une part, faire une pesée d’intérêts (pas d’utilitarisme toutefois ici) : quels avantages et quels inconvénients me procurera ce plaisir ? D’autre part, il faudra user d’un “raisonnement vigilant”, qui rejoint la sagesse pratique d’Aristote, et vivre avec la vertu cardinale de prudence, également aristotélicienne.

Ce concept de prudence est à distinguer de l’acception moderne dans le sens de faire attention comme par exemple pour traverser un passage piéton. La prudence ici est la circonspection, l’hésitation avant l’action pour avoir la meilleure attitude. C’est la rationalité pratique, la sagesse pratique qui permettent d’avoir une vie bonne, et d’atteindre le souverain bien qu’est le bonheur, par des actions justes.

L’invitation au voyage…

Faisons maintenant un détour chez une des trois Baudelaire’s sisters : la volupté – restez calme, ce n’est pas un luxe. Revenons donc  aux voluptueux et aux jouissances évoqués dans la Lettre à Ménécée. Il est possible, pour mieux comprendre le sens du texte, d’aller dire un petit bonjour à Aristote. Pour chaque vertu aristotélicienne, il faut choisir le juste milieu, à l’instar du “raisonnement vigilant” d’Epicure. C’est la notion de médiété : la vertu du courage chez un soldat pourra varier de la témérité (par excès) à la lâcheté (par défaut). La vertu de tempérance s’appliquera aux plaisirs : l’excès sera la recherche de “jouissances déréglées”, c’est-à-dire jouir de tout à tout prix ; le défaut mènera à l’abstinence la plus totale de tout plaisir.

Ce même excès sans contrôle nous ramène aux problèmes d’addiction (voir chapitre Un plaisir; déplaisirs/Besoin de moi, envie de rien/Le circuit de la récompense).

Ça pouvait pas durer

Le plaisir n’est pas un mal en soi, mais certains plaisirs apportent plus de peine que de plaisir

Epicure

Voici un paradoxe : le plaisir pourrait nous apporter plus de peine que de plaisir ! Il suffit pour le comprendre de reprendre la notion de médiété. Si nous agissons par excès, certes le plaisir pourra être très grand, mais ses conséquences seront plus néfastes que la sensation obtenue. L’addiction est encore un exemple de ce plaisir devenant peine insupportable.

Platon, que nous rejoindrons tout à l’heure, écrit :

Existe-t-il plaisir plus grand ou plus vif que l’amour physique ? Non, pas plus qu’il n’existe plaisir plus déraisonnable

Le plaisir sexuel est un plaisir immense, mais la raison y risque sa tête (enfin la notre). Les sex-addicts le savent bien, enfin quand ils en deviennent conscients. Dom Juan, Casanova, ces séducteurs compulsifs ont montré jusqu’où l’excès dans ce domaine pouvait avoir des effets délétères.

C’est alors qu’arrive le côté obscur du plaisir : la douleur. Et nous verrons bientôt grâce à l’interview de Socrate par notre envoyé spécial Platon, que la douleur se mêle au plaisir, et réciproquement, ou pas…

– Ataraxie ! – A vos souhaits…

Attardons-nous sur une dernière notion épicurienne : l’ataraxie.

Il faut se rendre compte que parmi nos désirs les uns sont naturels, les autres
vains, et que, parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires et les autres
naturels seulement. Parmi les désirs nécessaires, les uns sont nécessaires pour le
bonheur, les autres pour la tranquillité du corps, les autres pour la vie même. Et
en effet une théorie non erronée des désirs doit rapporter tout choix et toute aversion à la santé du corps et à l’ataraxie de l’âme, puisque c’est là la perfection même de la vie heureuse.

Epicure, Lettre à Ménécée

Epicure distingue plusieurs sortes de désirs (voir aussi chapitre Un plaisir, déplaisirs../Désir d’avenir) :

  • Les désirs vains : il serait vain de désirer courir le 100 mètres sur le même temps qu’Usain Bolt, par exemple (sauf pour lui, bien sûr).
  • Les désirs naturels seulement
  • Les désirs naturels nécessaires : pour le bonheur, pour la tranquillité du corps, pour la vie même

La satisfaction de ces désirs naturels nécessaires amène à un esprit sain dans un corps sain, comme dit l’adage : pour l’âme, c’est l’ataraxie.

La définition de l’ataraxie en philosophie épicurienne est la suivante : “Tranquillité, impassibilité d’une âme devenue maîtresse d’elle-même au prix de la sagesse acquise (…) par la modération dans la recherche des plaisirs”.

La recherche des plaisirs est permise, mais comme nous l’avons vu précédemment, elle doit se faire avec tempérance. A consommer avec modération, comme dit l’autre.

La médecine en donne une signification un peu différente : “État d’indifférence caractéristique de certaines névropathies et obtenu sans l’influence d’agents neuroleptiques supprimant toute réponse réactionnelle (….) Ataraxie génitale. Impuissance”. Avec cette dernière ataraxie, le plaisir risque d’être quelque peu compromis…

En synthèse, nous pouvons avoir du plaisir si notre maîtrise de soi joue un rôle de contrôleur de sa recherche : un plaisir ça va ; trois, bonjour les dégâts.

Le plaisir, pour être raisonnable, doit être raisonné.

Live from Athena

Socrate. : Mais quoi? Nous n’aurons donc pas besoin, je pense, de beaucoup d’exemples de ce genre pour passer à des considérations relatives au plaisir; mais il nous suffit de réfléchir, en partant de celui-là même, que tout plaisir en général, fût-il petit et rare, devra, en se réalisant, être, s’il est pur de peine, plus agréable, plus vrai, plus beau qu’un autre, qui est grand, qui est fréquent mais mêlé de peine.

Platon, Philèbe

Dans son dialogue avec Socrate, Platon distingue deux sortes de plaisirs :les plaisirs mélangés et les plaisirs purs.

DJ Plaisir et son Mix sont aux platines

Les plaisirs mélangés contiennent une portion de plaisir et une portion de peine (si vous ajoutez la même quantité de beurre et de sucre, vous obtenez un quatre-quarts athénien).

Prenons l’exemple d’un marathonien. Il va devoir s’entraîner sans relâche, soumettant son corps à des contraintes intenses et douloureuses. Il va courir les 42,195 kilomètres en souffrant, et pourtant la recherche du plaisir de franchir l’arrivée sera plus forte que toutes les peines endurées. Le plaisir est ici anticipé. Le marathonien, s’il ne pouvait avoir conscience du futur, remiserait de suite ces chaussures sans aucun état d’âme.

La notion d’attente intervient ici. C’est aussi le cas pour l’amoureux transi qui attend fébrilement son premier rendez-vous : il souffre de cette attente qui paraît si longue, mais dans le même temps il déborde d’endorphines à la pensée de cette rencontre à venir. Sur un malentendu, il peut conclure.

Nous sommes aussi ici dans la finalité aristotélicienne, le télos. C’est le but poursuivi qui dicte les actions, même au prix de souffrances à endurer. Autrement dit, oui mais c’est sa raison d’être.

Pur le plaisir

Les plaisirs purs ne contiennent pas une once de peine.

Voir un chef d’oeuvre, contempler un paysage, entendre une symphonie ou le chant des oiseaux, sentir les parfums du printemps… Tout cela ne recèle aucune peine.

Platon y ajoute enfin les plaisirs qui se rapportent à la connaissance. Avoir faim de connaissances, ce n’est pas souffrir initialement. Nuançons pour le cas par exemple de l‘illettrisme. La personne ne sachant pas lire ni écrire a bien des souffrances préalables à son apprentissage de la langue.

Il s’agit là des plaisirs de l’âme, même si les plaisirs corporels sont aussi des plaisirs de l’âme. La raison a donc ici toute sa place.

Aller plus haut-au

Arrivé au terme de cet article, bien des pistes pourraient encore être explorées : quelle différence entre plaisirs du corps et ceux de l’âme, juste cités auparavant ? Que peuvent nous apprendre les philosophes hédonistes, grands adeptes des plaisirs sensuels ? Le plaisir est-il seulement l’absence de la douleur ?

Pour conclure, nous pouvons dire, au vu de notre modeste recherche, que le plaisir se doit d’être raisonnable et raisonné, pour qu’il reste sous l’empire de cette raison qui nous gouverne. Nous ne devons pas risquer de tomber esclave, addict, d’un plaisir quel qu’il soit, fût-il le plus grand des plaisirs.

Et pour ne pas céder aux sirènes des plaisirs esclavagistes, méditons cette citation d’Epictète :

Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu veux. Mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent et tu seras heureux.

Comme disait un ursidé de la jungle : “Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire.” Dysneypicure.

Dsirmtcom, mars 2016

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