Lettre ouverte à un troll de (ca)niveau zéro absolu

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Au cœur d’une capucine – Juillet 2016

Merci à Laure, Isabelle, Dominique et à tous les autres Twittas et Twittos qui m’ont soutenu.

Cher petit troll,

Je t’écris cette lettre suite à ton dernier message sur le réseau Twitter dont une copie d’écran s’affiche ci-dessous.

Au commencement était le Verbe

Reprenons un peu l’historique de notre brève rencontre sur le fil de l’oiseau bleu. Le vendredi 5 août 2016, nous étions en train d’échanger entre Twittas et Twittos de bonne volonté sur la question de la publication de la photo d’une personne sur Twitter sans le recueil préalable de son autorisation. La discussion était conviviale et respectueuse, soucieuse d’arriver à un consensus sur le sujet au vu du partage de nos connaissances mutuelles.

Et puis tu es arrivé, on ne sait comment. Comment as-tu, toi qui semble un être supérieurement doué en informatique, t’intéresser à nous, pauvres bretteurs de mots qui ne cherchions que le plaisir de converser ? Cela restera à jamais un immense mystère.

Comme disait Nougaro dans sa chanson Cécile :

(Non, ce n’est pas une nouvelle friandise Haribo dont tu raffoles tant, mais un chanteur à textes… oui, je sais que je te fais mal en utilisant ce mot, mais il faut que tu sois fort)

« Et te voilà ». Comme le cheveu du torero tombant dans le gaspacho, tu es venu t’insinuer dans notre conversation.

Mal t’en a pris.

 (Oui, je sais aussi les insurmontables difficultés que tu rencontreras pour comprendre cette courte locution).

Alors, tel un oracle grec de marque d’enseigne premier prix, tu nous a asséné tes vérités spécieuses. On aurait dit Gabin quand il chantait : « Je sais, je sais ».

(Mince, j’ai encore oublié qu’à la lecture du nom de scène de Jean Moncorgé, tu allais vérifier fissa dans ta playlist de rap s’il en faisait partie.)

Donc te voilà, nous expliquant avec moultes (et puis des frites, bin oui j’essaie aussi de te faire rire au vu du caractère désespéré de ta situation) arguments (oui, j’avoue, j’exagère un peu sur la richesse de ton argumentaire), qu’il faut demander l’autorisation avant de publier la photo de quelqu’un. « Le droit à l’image ». Bon sang ! Tu avais pu aligner cinq mots ! J’espère que tu n’auras pas de séquelles suite à un tel effort de ta part, un AVC (NDA : Accident sur un Virtuel Cerveau).

Tes arguments étaient précis : « Au-dessus de 10 personnes c’est autorisé ». Et, après t’avoir demandé de donner quelques textes (oui, je sais, tu n’aimes toujours pas ce mot mais il faut encore que tu sois fort, et c’est pas fini), tu as pu enfin, non sans quelques soubresauts de tes obscurs méninges, nous citer une page du site service-public.fr.

Manque de chance, s’il y avait bien sur la sus-dite page une mise en garde sur la photographie d’une personne isolée, la notion du seuil de dix personnes était singulièrement absente. Après te l’avoir fait remarquer, tu as convenu que cette notion n’était pas présente dans cette page qui te servait pourtant d’argument massue. Sans doute cet éclair de lucidité a-t-il été le chant du cygne de ce qu’il restait de ta lilliputienne cervelle, tel le toast totalement carbonisé par un grille-pain trop indolent.

Séquence : plongeon dans la fange

Ont suivi plusieurs messages où, à chaque fois, tu mettais en cause la personne à l’origine de la discussion, une véritable journaliste quant à elle. Avec des attaques de caniveau comme celle-ci :

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C’est dire la bassesse de la « technique » de l’attaque directe à la personne : preuve, s’il en fallait encore, d’un manque absolu  de ta part d’arguments permettant le moindre échange sur le fond.

Et puis est venue ta dernière tentative de nous salir par ton fiel, avec cette fois une attaque contre mon site et donc contre moi. J’avais eu l’outrecuidance de te faire remarquer que le monde avait évolué, et voici ta méprisable réponse :

Nouvelle image

Alors oui, là j’avoue que ton message a touché un point sensible. Et c’est sans doute pour cela que je me suis dit qu’il me fallait apporter ma réponse à cette pitoyable attaque pleine d’un mépris que j’ai rarement rencontré.

Ce que je suis, ce que tu ne pourras jamais espérer d’être

C’est vrai, je ne suis qu’un humble autodidacte depuis toujours.

(Note pour ta gouverne : un autodidacte n’est pas une voiture Google sans chauffeur.)

Pendant toute ma vie, j’ai beaucoup appris par moi-même, en complément des études que j’ai pu suivre. J’ai donc appris bien des choses :

  • La musique : solfège, piano, composition, art de la fugue, jazz, violon, utilisation de logiciels musicaux…
  • Le dessin et la peinture : plume, pastel, aquarelle…
  • L’informatique : traitement de texte, tableur, PAO, conception d’outils à partir du logiciel Excel : planning informatisé, outils d’évaluation, calculateur d’effectifs, conception de sites internet…
  • Les connaissances qui m’ont permis de faire cette carrière-là : concours passés sans formation de préparation, dont celui de l’Ecole Nationale de Santé Publique, et tous réussis.
  • Plus récemment, j’ai développé mes connaissances sur l’éthique et la philosophie, notamment parce que je suis copilote du comité éthique de mon centre hospitalier (ça tu ne pouvais absolument pas le savoir, c’est vrai)
  • Dernièrement, je me suis mis à apprendre l’espagnol et l’italien…

Bon, j’arrête là car si jamais un jour tu lisais ce texte, ton cerveau étriqué n’y survivrait pas.

Par curiosité (et oui, je m’intéresse quand même un peu à toi, petit troll), je suis allé voir ton site, un blog essentiellement axé sur l’informatique. Habillage grisâtre, suite d’articles techniques ne pouvant intéresser que des personnes limitées à un langage de programmation unique. Ton dernier article date du 21 février 2016, pas très récent tout ça.

Tu as assurément acquis, à travers tes formations, une bien plus grande compétence en informatique que ton pauvre serviteur. Malgré tout, cela me semble très réduit à un seul domaine paraissant particulièrement étroit. Mais bon, passons sur cela.

De mon côté, je me suis formé tout seul à l’informatique. Je l’utilise depuis le début des années 1990, soit bientôt près de trente ans. En 2000, j’ai appris par moi-même le code HTML pour pouvoir créer un site internet. J’ai appris ensuite à me servir de logiciels de création de site comme Dreamweaver. C’est notamment avec ce logiciel que j’ai perfectionné mon site professionnel Infirmier-General.com, devenu ensuite Directeur-des-Soins.com.

Créé en 2000, mon site a maintenant 16 ans, et, comme je pars prochainement à la retraite, je ne l’actualiserai plus à partir de janvier 2017. Je le laisserai en ligne malgré tout encore quelques temps, notamment parce qu’il compte des bases de données très riches dans le domaine de la législation hospitalière et une bibliothèque virtuelle dont je ne compte plus le nombres d’ouvrages et de documents disponibles en ligne, toujours dans le domaine hospitalier et soignant.

Certes, c’est un site tout simple et sans fioritures, basé uniquement sur de simples pages HTML. Mais, si un jour tu accèdes à l’intelligence, tu comprendras peut-être que l’important dans ce site, c’est le fond, le contenu (encore une fois, difficile à concevoir pour toi qui ne jure que par un seul langage de programmation) et pas la forme. De plus, cela permet d’avoir un site très ergonomique où il est facile et rapide de naviguer à la recherche d’une information.

Voilà, j’en ai fini avec cette courte apparition/disparition que tu as faite sur mon réseau Twitter. Tu vois, tes messages, qui faisaient figure de chiures de mouche comparés aux nôtres qui ne se voulaient qu’échanges et réflexions sur un thème donné, m’auront paru comme des selles putrides troublant un instant l’onde pure de la rivière. La rivière s’est écoulée, et son onde est redevenue pure.

Nous étions dans le respect mutuel. Tu étais dans le mépris de tout ce qui n’est pas toi, donc tu te méprisais sans le savoir.

Va, je ne te hais point

Je ne t’en veux pas. Tu ne pouvais, ne peux et ne pourra jamais comprendre ce que nous sommes, femmes et hommes de bonne volonté.  Tu as tenté bien misérablement de jouer avec tes mots impuissants. Au moins auront-ils eu ce seul intérêt de m’amener à cet orgasme logorrhéique (cherche pas, c’est trop tard et c’est pas sexuel) qui touche à sa fin. J’ai joui – intellectuellement, il va sans dire – en couchant avec mes mots sur le papier, dans des ébats philosophiques torrides. Alors, heureux ?…

Pour te laisser une dernière chance de nous comprendre – vaine tentative s’il en est – lisons ce qu’écrit Pascal (non, pas le grand frère de la télé ; ta seule source culturelle) :

L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.
Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.

Blaise Pascal – Pensées, fragment 397. (Mis en gras par mes soins).

Tu vois ce qu’il te reste à faire ? (Oui la marche est énorme et fort inaccessible à ton embryon de pensée).

Pour terminer (ça y est, tu vas enfin pouvoir souffler et reprendre le cours de ton insignifiante vie), je voudrais tenter une définition, ou plutôt deux, m’inspirant des magnifiques vers du Cyrano d’Edmond Rostand (attention, il s’agit là aussi d’un langage, mais que tu ne pourras jamais, malheureusement pour toi et heureusement pour Rostand, en comprendre la moindre petite once de poésie).

Pour décrire ce à quoi ta médiocre personne me fait penser, voici un extrait issu de la fin de la tirade des nez :

Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !

Edmond Rostand – Cyrano de Bergerac – Acte I, scène IV. (Mis en gras par mes soins).

Quant à moi, mon seul orgueil, ou plutôt ma plus grande fierté – comme je te l’indiquais plus haut – c’est d’avoir été, et d’être encore et toujours, un autodidacte. Mais écoutons comment Rostand l’écrit infiniment mieux que moi (j’ai toujours une piloérection lorsque je lis ce texte) :

N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

Edmond Rostand – Cyrano de Bergerac – Acte II, scène VIII. (Mis en gras par mes soins).

Voilà, j’en ai fini avec cet écrit épistolaire, qui n’appellera par ailleurs point de correspondance en retour. Je te remercie sincèrement (si, si, là c’est vrai) de me l’avoir inspiré.

Adieu donc, cher petit troll, et bonjour au monde souterrain qui bientôt nous fera oublier ta trop banale existence.

Dsirmtcom, août 2016.

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3 réponses à “Lettre ouverte à un troll de (ca)niveau zéro absolu

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