Citations philosophiques – C

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C

Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est la question fondamentale de la philosophie. Camus, Le mythe de Sisyphe.

Je laisse Sisyphe au bas de la montagne ! (…) La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.(…) Ce qui précède définit seulement une façon de penser. Maintenant, il s’agit de vivre. Camus, Le mythe de Sisyphe.

Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l’ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n’est pas éclairée. Camus, La Peste.

Je me suis fait une maxime pour mon usage personnel : “il faut mettre ses principes dans les grandes choses ; aux petites la miséricorde suffit. Camus, L’Envers et l’Endroit.

S’il suffisait d’aimer, les choses seraient trop simples. Plus on aime et plus l’absurde se consolide. Camus, Le mythe de Sisyphe.

La seule règle qui soit originale aujourd’hui : apprendre à vivre et à mourir, et, pour être homme, refuser d’être dieu. Camus, L’Homme révolté.

Une oeuvre d’homme n’est rien d’autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l’art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur, une première fois, s’est ouvert. Camus, L’Envers et l’Endroit.

Je continue à croire que ce monde n’a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c’est l’homme, parce qu’il est le seul être à exiger d’en avoir. Camus, Lettres à un ami allemand.

Quoi que nous fassions, la démesure gardera toujours sa place dans le coeur de l’homme, à l’endroit de la solitude. Nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages. Mais notre tâche n’est pas de les déchaîner à travers le monde ; elle est de les combattre en nous-mêmes et dans les autres. Camus, L’Homme révolté.

(…) ce qu’on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir. Camus, Le mythe de Sisyphe.

Nous prenons l’habitude de vivre avant d’acquérir celle de penser. Camus, Le mythe de Sisyphe,.

Toutes les grandes actions et toutes les grandes pensées ont un commencement dérisoire. Les grandes œuvres naissent souvent au détour d’une rue ou dans le tambour du restaurant. Camus, Le mythe de Sisyphe.

La lassitude est à la fin des actes d’une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. (…) Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Camus, Le mythe de Sisyphe.

S’il fallait écrire la seul histoire significative de la pensée humaine, il faudrait faire aussi celle de ses repentirs successifs et de ses impuissances. Camus, Le mythe de Sisyphe.

L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. Camus, Le mythe de Sisyphe.

L’absurde n’a de sens que si l’on n’y consent pas. Camus, Le mythe de Sisyphe.

La seule vraie issue est précisément là où il n’y a pas d’issue au jugement humain. Sinon, qu’aurions-nous besoin de Dieu ? On ne se tourne vers Dieu que pour obtenir l’impossible. Quant au possible, les hommes s’y suffisent. Chestov, cité par Camus, Le mythe de Sisyphe.

Dans son échec, le croyant trouve son triomphe. Kierkegaard, cité par Camus, Le mythe de Sisyphe.

L’important disait l’abbé Galiani à Mme d’Epinay, n’est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux. Camus, Le mythe de Sisyphe.

Chercher ce qui est vrai n’est pas chercher ce qui est souhaitable. Camus, Le mythe de Sisyphe.  

Mais comme les suicides, les dieux changent avec les hommes. Il y a plusieurs façons de sauter, l’essentiel étant de sauter. Camus, Le mythe de Sisyphe.

La pensée d’un homme est avant tout sa nostalgie. Camus, Le mythe de Sisyphe.

Le péché n’est point tant de savoir (à ce compte, tout le monde est innocent), que de désirer savoir. Justement, c’est le seul péché dont l’homme absurde puisse sentir qu’il fait à la fois sa culpabilité et son innocence. Camus, Le mythe de Sisyphe

Tout ce qui se déplace, tout ce qui vole dans les cieux et tout ce qui est immobile, tout cela n’est rien d’autre que l’Un. Tout cela, sans exception, existe par la seule Conscience. (…) La Conscience est le support de l’univers tout entier. Ainsi le Brahman [l’Absolu] est Conscience. Çankara, Aitareya Upanishad.

L’art n’est pas la simple reproduction d’une réalité donnée, toute faite.C’est l’une des voies qui mène à une vision objective des choses et de la vie humaine. Ce n’est pas une imitation mais une découverte de la réalité. Ernst Cassirer, Essai sur l’homme.

Pour qu’un héritage soit réellement grand, il faut que la main du défunt ne se voit pas. René Char.

Seul le présent existe. Chrysippe, Stoïcorum veterum fragmenta.

La démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de tous les autres. Winston Churchill.

C’est dans l’adversité que se révèlent les vrais amis.  Cicéron, De amicitia.

Que philosopher c’est apprendre à mourir. Cicéron (repris par Montaigne dans ses Essais).

Les insensés vivent dans l’attente des biens futurs. Sachant qu’ils sont incertains, ils sont consumés d’anxiété et de crainte. Et plus tard – c’est là le pire de leurs tourments -, ils s’aperçoivent que c’est inutilement qu’ils se sont passionnés pour l’argent ou le pouvoir ou la gloire. Car ils n’ont retiré aucun plaisir de toutes ces choses dont l’espoir les avait enflammés et pour la conquête desquelles ils avaient si péniblement travaillé. Cicéron, Des termes extrêmes et des maux.

Les hommes sont confiés par la nature les uns aux autres : un homme, du seul fait qu’il est un homme, ne doit pas être regardé comme un étranger par un autre homme. Cicéron, Des fins des biens et des maux.

Comme le mal préside à tout ce qui est corruptible, autant dire à tout ce qui est vivant, c’est une tentative ridicule que de vouloir démontrer que [le mal] renferme moins d’être que le bien, ou même qu’il n’en contient aucunement. Emil Cioran, Le Mauvais Démiurge.

Vitalité de l’amour : on ne saurait médire sans injustice d’un sentiment qui a survécu au romantisme et au bidet. Cioran, Syllogismes de l’amertume.

La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Carl Von Clausewitz, De la guerre.

Les vivants sont toujours, et de plus en plus, gouvernés par les morts : telle est la loi fondamentale de l’ordre humain. Auguste Comte, Catéchisme positiviste.

Puisque l’art doit surtout développer en nous le sentiment de la perfection, il ne supporte jamais la médiocrité : le vrai goût suppose toujours un vif dégoût. Auguste Comte, Catéchisme positiviste.   

[Typologie du mal moral] J’en retiens principalement quatre : le méchant, le pervers, le salaud, le médiocre. [Le méchant] fait le mal pour le mal : ce serait un être diabolique, et c’est pourquoi, explique Kant, il n’existe pas, en tout cas pas parmi nous ! Nul être humain ne fait le mal pour le mal, mais seulement pour le plaisir qu’il y trouve ou un bien quelconque qu’il en attend. (…) Le salaud ne fait pas le mal pour le seul plaisir de le faire, mais pour quelque autre bien qu’il en attend (par exemple de l’argent, du pouvoir, un orgasme…) ou pour un idéal auquel il s’identifie. (…) Le médiocre ne fait pas du mal à autrui pour son bien à lui (…) mais il ne fait pas pour autrui tout le bien qu’il devrait. André Comte-Sponville, Un mot, des maux, Philosophie magazine, Le Mal, hors-série, printemps 2018.

Nous savons que nous mourrons. C’est là, pour tout homme, la vérité première et fondamentale qui commande toute sa vie. Lors même que tout le reste est incertain, il reste la certitude de mourir. Marcel Conche, Orientation philosophique.

La souffrance des enfants est un mal absolu, une tâche indélébile dans l’oeuvre de Dieu, et elle suffirait à rendre impossible une théodicée quelconque. (…) Il faut conclure que Dieu n’est pas. Le fait de la souffrance des enfants – comme mal absolu – fonde l’athéisme axiologique. Marcel Conche, Orientation philosophique.

Le temps ne se laisse pas saisir en lui-même : il ne se montre que nié. Comte, Temps et Destin.

Être, c’est être maintenant. Comte, Temps et Destin.

Quand les rites font défaut, les différents âges sont confondus, les classes de la parenté ne se comprennent plus, les femmes et les hommes se brouillent. Les maisons et les bâtiments n’ont plus de dimension. Les mesures ne signifient plus rien. Les mets sont sans rapport aux saisons. Les moyens de transport n’ont plus de rapport avec leur usage propre. Les esprits quittent le monde et la douleur est insensée. Confucius, Le Livre des rites.

L’obéissance à la loi est un devoir ; mais, comme tous les devoirs, il n’est pas absolu, il est relatif : il repose sur la supposition que la loi part d’une source légitime et se renferme dans ses justes bornes. Aucun devoir ne nous lierait envers des lois qui non seulement restreindraient nos libertés légitimes et s’opposeraient à des actions qu’elles n’auraient pas le droit d’interdire, mais qui nous en commanderaient de contraires aux principes éternels de justice et de pitié, que l’homme ne peut cesser d’observer sans démentir sa nature. Benjamin Constant, Principes de politique.

Qui avec ses amis ferait n’importe quoi pour leur faire plaisir, fait du bonheur présent une haine future. Critias.

Lequel est-il le mieux ? Donner chez soi asile à sottise et richesse, ou vivre avec sagesse, mais dans le dénuement ? Critias.

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