Fiche de lecture – Nietzsche, Généalogie de la morale

Philosophie – Fiches de lecture

Fiche de lecture n° 10

Eléments contextuels

Éléments biographiques

Friedrich Nietzsche (1844-1900), philosophe allemand. Fils de pasteur, professeur de philosophie à 25 ans. Renonce à enseigner en 1879 (35 ans) pour se consacrer à son oeuvre.

Au début de 1889, dans une rue de Turin, Nietzsche s’effondre » en pleurant au cou d’un cheval que son cocher venait de battre. C. Godin, La Philosophie pour les nuls.

Il sombre dans la folie et meurt à 56 ans.

Eléments de doctrine

Influencé par Schopenhauer (philosophe du pessimisme), ami de Wagner.

Projet et méthode : « Surmonter les philosophes par l’annihilation du monde de l’être » (Folscheid).

Pour Nietzsche, la morale n’est pas de l’ordre du fait, mais de l’ordre de l’interprétation. Il n’y a pas de faits moraux mais seulement une interprétation morale de certains faits. Godin, Dictionnaire de philosophie pour les nuls.

La généalogie de la morale

Seul ouvrage structuré en trois parties logiquement articulés (Godin) :

  • 1ère dissertation : analyse historique et critique du mouvement subi par les valeurs issues de l’antiquité gréco-romaine, sous l’influence du christianisme ;
  • 2ème dissertation : intériorisation de la faute, naissance de la mauvaise conscience ;
  • 3ème dissertation : effets de la mauvaise conscience ; le ressentiment.

Texte en lien avec Par-delà bien et mal ; titre complet : Pour une généalogie de la morale – Pamphlet – Pour compléter et éclaircir le dernier écrit : Par-delà bien et mal.

Plan du texte, synthèse et extraits

Note : la pagination des citations correspond à l’ouvrage Friedrich Nietzsche, Œuvres, coll. Mille & une pages, Flammarion.

Avant-propos

Nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, nous les hommes de la connaissance, et nous sommes nous-mêmes inconnus à nous-mêmes. A cela il y a une bonne raison : nous ne nous sommes jamais cherchés, – pourquoi faudrait-il qu’un jour nous nous trouvions ? (…) Chacun est pour soi-même le plus lointain. p. 846.

Réflexion sur la provenance de nos préjugés moraux.

Savoir quelle est véritablement l’origine de notre bien et de notre mal (…) chercher l’origine du mal au-delà du monde. (…) [Et] Quelles valeurs les jugements ton-ils eux-mêmes ? p. 847

Recherche initiée par Paul Rée dans L’origine des sentiments moraux.

Valeur et origine de la vie ascétique ; moralité des mœurs ; valeur de la morale.

Morale de la pitié : volonté tournée contre la vie, surestimation de la pitié dans le bouddhisme et le nihilisme.

Nouvelle exigence : mettre en question la valeur des valeurs morales.

  La morale serait justement le danger des dangers. p. 851.

Pour comprendre la Généalogie de la morale, recommandation de lire les écrits précédents, dont Zarathoustra.

Il est vrai que, pour pratiquer de la sorte la lecture comme un art, une chose est nécessaire que de nos jours on a parfaitement oubliée – c’est pourquoi il faudra du temps avant que mes écrits soient « lisibles » -, une chose pour laquelle il faut presque être bovin et, en tout cas, rien moins qu’« homme moderne » : la rumination. p. 852.

Premier traité – « Bon et méchant », « Bon et mauvais »

Les « psychologues anglais », ces « microscopistes de l’âme », mettent en avant la partie honteuse de notre monde intérieur.

L’esprit historique (pensée anhistorique antique) :

  • Théorie du « bon » cherchée au mauvais endroit ;
  • Sentiment de la distance : nobles et puissants contre les bas d’esprit populaciers ;
  • Règne du préjugé : notions du « moral », « non-égoïste », « désintéressé ».

Oubli de l’utilité de l’action non égoïste.

Que signifie l’expression « bon » : transformation des notions de bon-distingué/mauvais-vulgaire en bon-pur/mauvais-impur (prééminence de l’âme, caste des prêtres).

L’humanité même est encore malade des séquelles de ces niaiseries thérapeutiques inventées par les prêtres [jeûne, abstinence sexuelle]. p. 860

Renversement des valeurs : « Seuls les misérables sont les bons ».

Le ressentiment : retournement du regard évaluateur.

Une telle race d’hommes du ressentiment finira nécessairement par devenir plus intelligente que n’importe quelle race noble. p. 865.

Le nihilisme :

La vision de l’homme n’est plus que fatigue – qu’est aujourd’hui le nihilisme sinon cela ?… Nous sommes fatigués de l’homme. p. 870

Comment se fabriquent les idéaux :

  • Transmuer la faiblesse en mérite ;
  • Transmuer l’impuissance en « bonté » ;
  • Transmuer la bassesse craintive en « humilité » ;
  • Transmuer la sujétion envers ce que l’on hait en « obéissance ».

Le mensonge de la foi, l’amour et l’espérance.

(…) au-dessus de la porte du paradis chrétien et de sa « béatitude éternelle » pourrait à plus juste titre figurer l’inscription : « Moi aussi, la haine éternelle m’a créé », à supposer qu’une vérité puisse figurer au-dessus de la porte qui ouvre sur le mensonge ! p. 874

Promouvoir les études d’histoire de la morale.

Toutes les sciences doivent désormais préparer la tâche à venir du philosophe : tâche en ce sens que le philosophe doit résoudre le problème de la valeur, déterminer la hiérarchie des valeurs. p. 878.

Deuxième traité – « La faute », « La mauvaise conscience » et ce qui s’y apparente

Dresser un animal qui puisse promettre : n’est-ce pas précisément la tâche paradoxale que la nature s’est assignée à l’égard de l’homme ? p. 879.

La force de l’oubli :

Fermer de temps à autre les portes et les fenêtres de la conscience ; rester indemne du bruit et du conflit auxquels se livre, dans leur jeu réciproque, le monde souterrain des organes à notre service ; faire un peu silence, ménager une tabula rasa de la conscience, de façon à redonner de la place au nouveau. pp. 879-880.

L’origine de la responsabilité : l’individu souverain ne ressemble qu’à lui-même, détaché de la moralité des mœurs, autonome, supramoral, a une volonté libre. Il inspire confiance, crainte et respect, et ose promettre : le droit de promettre est le privilège de la responsabilité.

La mnémotechnique :

On marque du fer rouge ce qui doit rester en mémoire ; seule ce qui ne cesse de faire mal reste dans la mémoire. p. 882.

La « mauvaise conscience » :

(…) la notion morale fondamentale de « faute » a tiré son origine de la notion très matérielle de « dette ».

La relation contractuelle créancier/débiteur, origine de l’idée d’équivalence entre dommage et souffrance.

Spiritualisation de divinisation de la cruauté dans le châtiment : le principe « trop humain » :

« Voir souffrir fait du bien, faire souffrir, plus encore. » p. 887.

Les nostalgiques de la croix : il n’y a pas de souffrance absurde pour eux.

Le sentiment de la faute : « toute chose a un prix ; on peut s’acquitter de tout » (canon moral de la justice.

Relation créancier/débiteur dans une communauté : le criminel est un « infracteur » vis-à-vis de l’ensemble de la communauté (personne qui commet une infraction, du latin infractor, celui qui brise – cnrtl.fr).

Volonté de considérer toute faute comme pouvant être soldée.  Le droit pénal dissocie le criminel de son acte.

Tout peut se régler, tout doit se régler. p. 893.

La grâce, privilège du plus puissant est au-delà du droit : il y a auto-abolition de la justice.

Le ressentiment : tentative de « sanctifier la vengeance sous le nom de justice.

(…) c’est l’esprit même du ressentiment qui fait naître cette nuance nouvelle de l’équité scientifique. (…) l’homme agressif a de tout temps eu à son avantage le regard plus dégagémeilleure conscience, parce qu’il est le plus fort, le plis courageux, le plus noble : inversement, on devine déjà qui a sur la conscience l’invention de la « mauvaise conscience » – l’homme du ressentiment. p. 895

Pratique de la loi et du droit : évaluation de plus en plus impersonnelle de l’acte.Dans l’ordre juridique, chaque volonté doit reconnaître chaque volonté comme son égale : c’est un principe hostile à la vie.

Origine et but du châtiment :

(…) tout ce qui arrive dans le monde organique est un assujettissement, une domination et, inversement, tout assujettissement, toute domination est une réinterprétation, un réajustement, qui font nécessairement que le « sens » et la « fin » antérieurs sont obscurcis ou complètement effacés. p. 897.

Volonté de puissance à l’oeuvre pour imposer un sens à la fonction de quelque chose de moins puissant.

La grandeur d’un « progrès » se mesure même(…) d’après le sacrifice qu’il a fallu lui consentir. p. 898.

Le « misarchisme moderne » s’est emparé de la théorie de la vie.

Comment évaluer les formes de la vie et de la culture ? La réponse de Nietzsche est cruelle : en fonction de ce qu’elles coûtent, de ce qu’elles exigent en termes de sacrifice. La vie est une aventure coûteuse et dépensière, dès qu’il s’agit de fixer un sens sur le sans-fond fluent et sans fin des formes… Cette fixation ne peut être que l’acte d’une décision autoritaire, césarienne, qui pose elle-même sa propre « légitimité », son propre principe de « raison ». Et c’est au nom de ce principe que Nietzsche établit une critique radicale de ce qui nie cet acte « fondateur » du principe – à savoir, du nihilisme sous sa forme idéaliste, démocratique, libérale et administrative : le misarchisme moderne. Philippe Choulet , « La violence du sens chez Nietzsche.

Le châtiment,  deux éléments à distinguer :

  • Ce qui est durable : usage, acte, suite de procédures ;
  • Ce qui est « fluent » : le sens, la finalité, l’attente.

 Fluente est la forme, et plus encore le sens. p. 897.

Le sentiment de la faute :

  • Éveiller la mauvaise conscience et le remords chez le coupable ;
  • Mais le remords est extrêmement rare chez le criminel ;
  • Le résultat est inverse : le châtiment durcit, refroidit, exclut.

Les affres de la conscience (morsus conscientiae) de Spinoza : la notion de « déception ».

La Déception (…) est la Tri

stesse opposée au consentement. (…) L’homme est affecté du même sentiment de joie ou de tristesse par l’image d’une chose passée ou future et par l’image d’une chose présente. Spinoza, Ethique, III, proposition XVIII.

Réaction des criminels frappés d’une peine :

  • Quelque chose a mal tourné ;
  • Et non pas « Je n’aurais pas du faire cela ».

Origine de la mauvaise conscience.

Tous les instincts qui ne se déchargent pas vers l’extérieur se tournent vers l’intériorité – c’est là ce que j’appelle l’intériorisation de l’homme ; c’est alors seulement que pousse en l’homme ce qu’on appellera plus tard son « âme ». p. 903.

L’inhibition des pulsions :

Dans la deuxième dissertation, annonciatrice à bien des égards des travaux de la psychanalyse, Nietzsche analyse le processus d’intériorisation de la faute en mauvaise conscience. C. Godin, Op. cit.

La domestication de l’homme « sauvage, libre et nomade » retourne ses instincts contre lui et invente la « mauvaise conscience ». Relation de dette/sacrifice envers les ancêtres, l’aïeul est transfiguré en Dieu. La peur est l’origine des dieux.

Conscience de la faute : sentiment de culpabilité envers la divinité.

L’avènement du Dieu chrétien, comme le plus grand des dieux jusqu’ici atteints, a fait également naître pour cette raison le plus grand degré de culpabilité sur terre. p. 909.

L’athéisme pourrait affranchir l’homme de son sentiment de dette, lui donnant une « seconde innocence ».

Mauvaise conscience et notion de Dieu :

  • Dieu est notre créancier, notre dette est insolvable ;
  • Le châtiment est éternel ;
  • La malédiction à l’origine est le « péché originel » ;
  • L’existence est sans valeur en soi : nihilisme, bouddhisme.

[Le] coup de génie du christianisme : Dieu lui-même se sacrifiait pou la dette de l’homme, Dieu se payant sur lui-même, Dieu comme le seul qui puisse racheter à l’homme ce que l’homme même ne peut plus racheter – le créancier se sacrifiant pour son débiteur, par amour (le croirait-on ?), par amour pour son débiteur. p. 910.

Être en faute vis-à-vis de Dieu :

  • Les instincts naturels sont des fautes envers Dieu ;
  • Volonté de se trouver coupable.

Les dieux grecs, « reflets d’hommes plus nobles », pour se garder de la mauvaise conscience : notion de folie et non de péché.

Conclusion du deuxième traité :

Cet homme de l’avenir qui nous sauvera de l’idéal antérieur autant que de ce qui devait sortir de lui, du grand dégoût, de la volonté de néant, du nihilisme, lui, cette cloche de midi et de la grande décision, qui rend sa liberté au vouloir, qui restitue à la terre son but et à l’homme son espérance, cet antichrétien et antinihiliste, ce vainqueur du Dieu et du néant – il viendra bien un jour. p. 914

Allusion à Zarathoustra le sans Dieu (« Dieu est mort », p. 329).

Troisième traité – Que signifient les idéaux ascétiques ?

Signification des idéaux ascétiques pour :

  • Les artistes : rien ;
  • Les philosophes et érudits : préalables à la « plus haute intellectualité » ;
  • La majorité des mortels : se croire « trop bon » ;
  • Les prêtres : instrument de leur puissance.

Le cas Wagner : la chasteté des vieux jours :

  • Chasteté et sensualité ne sont pas contradictoires ;
  • Courage de la sensualité de Luther.

Parsifal l’ingénu : forme la plus grossière de l’idéal ascétique.

Le cas typique : l’artiste n’est que le préalable de son oeuvre, « l’engrais et le fumier sur lequel elle pousse », p. 921.

(…) un Homère  n’aurait pas pu créer un Achille, un Goethe crée un Faust, si Homère avait été un Achille et Goethe un Faust. p. 921.

Le cas des artistes, « valets de chambre d’une morale, d’une philosophie ou d’une religion » : le musicien devient un prêtre, un « téléphone de l’au-delà ».

Schopenhauer, Kant et l’esthétique :

  • Prédicats du beau : impersonnalité et universalité ;
  • Erreur de Kant : « Est beau (…) ce qui plaît sans intérêt« .
  • Schopenhauer : l’esthétique agit contre « l’intérêt » sexuel.

On pourrait même être tenté de se demander si sa conception fondamentale de la « volonté et de la représentation », la pensée que seule la « représentation » peut sauver de la « volonté » n’est pas née d’une généralisation de cette expérience sensuelle. p. 925.

Schopenhauer et la torture de la sexualité :

Un philosophe marié relève de la comédie ». (…) [Le philosophe] ne nie pas « l’existence », il affirme au contraire par là son existence et rien que son existence. p. 927.

Valeur de l’idéal ascétique :

  • L’indispensable au philosophe : « être débarrassé de la contrainte », avoir « la tête claire ». p. 927.
  • Trois grands mots de l’idéal ascétique : pauvreté, humilité, chasteté, conditions de « l’existence la meilleure ».

(…) nous autres philosophes, s’il y a une chose qui doit nous laisser tranquilles, c’est surtout « Aujourd’hui ». (…) On reconnaît un philosophe à ce qu’il évite trois choses voyantes et tapageuses, la gloire, les princes et les femmes. pp. 928-929.

Devise des philosophes : « qui possède est possédé ».

Historique du lien entre philosophie et idéal ascétique :

  • Pulsions du philosophe : au doute, à la négation, expectative (« éphectique »), analytique, exploratrice ;
  • Volonté de neutralité, d’objectivité, d’être toujours sine ira et studio (sans colère et détermination)
  • Démesure (hubris) de l’attitude du philosophe envers la nature, Dieu et lui-même.

Toutes les bonnes choses ont été jadis choses mauvaises ; chaque péché originel est devenu une vertu originelle. p. 932.

Évaluation de la contemplation :

(…) la philosophie n’aurait pas été du tout possible (…) sans l’illusion ascétique. (…) le prêtre ascétique a pris, jusqu’à l’époque la plus récente, la forme de la chenille, répugnante et sinistre, sous laquelle seule la philosophie avait le droit de vivre. p. 934.

Le prêtre ascétique :

  • Trouve dans l’idéal ascétique « sa foi, sa volonté et sa puissance », son « droit à l’existence » ;
  • Impose son évaluation de l’existence ;
  • Est hostile à la vie, contre la beauté, la joie.

Le prêtre ascétique et la philosophie :

  • Il cherche l’erreur là où est la vérité ;
  • Il refuse « de croire à son propre moi », dénie « sa propre réalité » ;
  • Il exclut la raison du « royaume de la raison et de l’être » ; joue la raison contre la raison.

(…) éliminer toute volonté, suspendre les affects sans exception (…) : comment ne serait-ce pas la castration de l’intellect ? p. 937.

La vie contre la vie chez le prêtre ascétique : morbidité, contradiction avec la vie qui lutte « avec et contre la mort ». L’homme est « l’animal malade ».

Normalité de la morbidité chez l’homme :

(…) les malades sont un danger extrême pour les bien-portants ; ce ne sont pas les plus forts qui causent les malheurs des forts, mais les plus faibles. p. 939.

Le nihilisme, « dernière volonté » du néant.

Le sens du prêtre ascétique :

  • Nécessité de médecins et de gardes-malades qui soient eux-mêmes malades (p. 942) ;
  • Prêtre ascétique : sauveur, berger, avocats des malades ; domine les souffrants ; est lui-même malade mais aussi fort, avec une volonté de puissance intacte ;
  • Il tient les malades par la confiance et la crainte, pour le »s défendre contre les bien-portants ;
  • il est antagoniste et contempteur (méprise, dénigre) de toute santé ;
  • Il est le maître des souffrants.

Il apporte baume et onguents, certes, mais il lui faut d’abord infliger la blessure pour être médecin, puis en calmant la douleur que cause la blessure, il envenime du même coup la plaie. p. 943.

A comparer avec le syndrome de Münchausen.

Le prêtre ascétique fait dévier le ressentiment, en anesthésiant la souffrance par l’affect, en recherchant un coupable, par le « soupçon ».

C’est toi qui es en faute contre toi-même. p. 945.

La « peccabilité » (être enclin à pécher – cnrtl.fr) : n’est pas un état de fait mais une interprétation d’un état de fait.

Le prêtre ascétique médecin :

  • Combat la souffrance mais pas sa cause ;
  • A un talent de consolateur ;

L’activité machinale : la « bénédiction du travail », succession d’activité pour détourner de la souffrance. Combattre la dépression par une petite joie » : « le plaisir de faire plaisir ».

La volonté de mutualité (développement de communauté) : formation de troupeaux. Les forts ne s’associent que pour satisfaire leur volonté de puissance : oligarchie et tyrannie (Platon).

Les moyens « coupables du prêtre ascétique :

  • Le débordement du sentiment ;
  • Le message déloyal des « hommes bons », « transis de moralité ».

Se méfier de soi-même, des « premiers mouvements » :

  • L’astuce du prêtre ascétique : le sentiment de culpabilité ;
  • Le péché entraîne la mauvaise conscience, la recherche de sa faute ; souffrir est le châtiment.

L' »amélioration » de l’homme l’a « dégradé » : épidémies d’épilepsie, paralysies, dépressions, hystéries, syphilis…

Rejet de la culture gréco-romaine antique par les « Pères de l’Eglise » : Nietzsche respecte l’Ancien Testament mais pas le Nouveau, « joli ménage de petites sectes, de rococos de l’âme » (p. 960).

Signification de l’idéal ascétique :

  • Énormité de sa puissance ;
  • Une seule interprétation, la sienne ;
  • Sa forme la plus récente et la plus aristocratique : la conscience scientifique ;
  • Les scientifiques ne redoutent qu’une chose : reprendre conscience (p. 963).

Les philosophes, des anti-idéalistes ?

  • « Fébriles hectiques de l’esprit » (fièvre continue) ;
  • Croient à la vérité, leur idéal ; ont foi en la métaphysique ;
  • Dieu, notre plus long mensonge ? ;
  • Problème de la valeur de la vérité : mettre la vérité en question.

L’idéal contraire ? Platon contre Homère : « l’homme de l’au-delà » contre celui qui divinise la vie et la nature.

L’historiographie moderne :

  • Son exigence : se faire miroir ;
  • Récuse toute théologie, est nihiliste, est comme l’idéal ascétique.

La volonté de puissance, « transvaluation de toutes les valeurs » : l’athéisme, abstinence de l’idéal ? Non, résidu, moyen d’idéal, forme finale.

Toutes les grandes choses périssent par elles-mêmes, par un acte de surpassement de soi (…). C’est ainsi que le christianisme, comme dogme, a péri de sa propre morale ; c’est ainsi qu’il faut que périsse encore le christianisme comme morale. (…) [La] prise de conscience de la volonté de vérité (…) signifie la mort de la morale. p. 972.

Pourquoi l’homme ?

  • Signification de l’idéal ascétique : donner un sens à la souffrance « faute de mieux » ;
  • Sauver l’homme mais avec une volonté de néant.

(…) l’homme préfère encore vouloir le néant plutôt que de ne pas vouloir du tout… p. 973.

Bibliographie

Friedrich Nietzsche, Œuvres, coll. Mille & une pages, Flammarion.

Philippe Choulet , « La violence du sens chez Nietzsche.

Dominique Folscheid, Les grandes philosophies.

Christian Godin, Dictionnaire de philosophie pour les nuls.

Christian Godin, La Philosophie pour les nuls.

L.-M. Morfaux, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines.

Paul Rée, L’origine des sentiments moraux.

Spinoza, Ethique.

Voir aussi

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe

Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs

Herméneutique

Platon, République IV – La tripartition de l’âme.

Platon, Timée ou De la Nature – Les maladies de l’âme

 

Dsirmtcom, octobre 2018.

11 réponses à “Fiche de lecture – Nietzsche, Généalogie de la morale

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