Fiche de lecture – Spinoza, L’Éthique – Livre III – De l’origine et la nature des sentiments

Philosophie – Fiches de lecture

Fiche de lecture n° 13

Eléments contextuels

Voir la fiche de lecture n° 11 : Spinoza, L’Éthique – Livre I – De Dieu.

L’ouvrage

Dates et structure

Écrit en 1663-1675, publié en 1677 après la mort de Spinoza.

Titre complet : L’Éthique démontrée selon la méthode géométrique et divisée en cinq parties où il est traité.

Conçu sous forme géométrique : définitions, axiomes, lemmes, propositions, démonstrations, scolies.

Axiomes : “principe évident et non démontrable” (Morfaux).

Lemme : proposition préliminaire utilisée pour la démonstration d’un théorème (Morfaux).

Postulat : proposition ni évidente ni démontrable que le géomètre demande d’admettre pour qu’il puisse construire son système hypothético-déductif ; toute position prise implicitement ou explicitement comme principe d’une argumentation (Morfaux).

Propositions, démonstrations et scolies (“remarques complémentaires suivant (…) une proposition”, cnrtl.fr).

Cinq parties : Dieu ; âme et corps ; passions ; règne des passions, puissance de la raison.

Éthique de la joie :

Par joie j’entendrai donc (…) une passion par laquelle l’âme passe à une perfection plus grande. Éthique, proposition XI, scolie.

Synthèse globale

Avant-propos : conception de l’homme dans la Nature ; démonstration des sentiments et passions selon la méthode géométrique.

Définitions des concepts : causes adéquate et inadéquate ; esprit actif/passif ; sentiments et passions.

Postulats : affections et puissance d’agir du corps humain.

Propositions :

Conatus (VI, VII).

Volonté, Appétit et Désir (IX, scolie).

Passions primordiales : Joie, Tristesse [et Désir] (XI, scolie).

Passions directes : Amour, Haine (XIII, scolie).

Flottement de l’âme (XVII).

Passions par imitation (XXVII, XXXIV, XL, XLIII).

Bien et mal (XXXIX, scolie).

Définitions des sentiments.

Plan du texte, synthèse et extraits

Avant-propos

Conception [erronée selon Spinoza] de l’homme dans la Nature selon “ceux qui ont parlé des sentiments et des conduites humaines” comme “un empire dans un empire” :

  • Il trouble l’ordre de la Nature plutôt qu’il ne le suit ;
  • Il a une puissance absolue sur ses propres actions, il n’est déterminé que par lui.

Critique de Descartes :

Il n’a rien montré du tout que l’acuité de sa grande intelligence.

Il n’y a qu’un seul et même moyen de comprendre la nature des choses [comme pour les sentiments) : “par les lois universelles de la Nature”.

La démonstration en sera faite par la méthode géométrique.

Définitions

Causes adéquate et inadéquate

Cause adéquate : dont on peut clairement et distinctement percevoir l’effet.

Cause inadéquate : dont on ne peut comprendre l’effet par elle seule.

Actif/Passif

Nous sommes actifs quand nous sommes la cause adéquate de ce qui se produit ; nous le comprenons clairement et distinctement.

Nous sommes passifs lorsque nous ne sommes qu’une cause partielle de ce qui se produit.

Lorsque je sais parfaitement pourquoi j’aime pratiquer la vertu, je suis dans l’action. Lorsque je tombe amoureux fou de quelqu’un, mais sans savoir vraiment pourquoi ni comment, ni pour combien de temps, et que ce sentiment dépend autant de l’autre que de moi-même, je subis et je suis dans la passion. Philosophie magazine – hors-série, Spinoza – Voir le monde autrement.

Sentiments

Affections (et idées de ces affections) du corps augmentant ou diminuant la puissance d’agir. Si nous sommes cause adéquate d’une affection : sentiment = action ; dans les autres cas, sentiment = passion.  

Postulats

I. Le corps humain peut être affecté de beaucoup de façons, qui augmentent ou diminuent sa puissance d’agir ou non.

II. Le corps humain peut subir beaucoup de changements [impression, trace des objets (Livre II, proposition V) ; images des choses (Livre II, proposition XVII, scolie].

Propositions

I. Notre esprit est actif s’il a des idées adéquates ; passif s’il a des idées inadéquates. Plus l’esprit a des idées inadéquates, plus il est soumis aux passions ; plus il a des idées adéquates, plus il est actif.

II. Le corps ne détermine pas l’esprit à penser ; l’esprit ne détermine pas le corps au mouvement ou au repos. Le corps est un mode de Dieu, chose étendue ; l’esprit est un mode de Dieu, chose pensante.

Scolie – L’esprit et le corps sont une même chose (monisme – Livre II, proposition XXIII).

Première objection : Si l’esprit humain n’était pas capable de penser, le corps serait inerte.

Réponse : à l’inverse, si le corps est inerte, l’esprit est-il incapable de penser ? Ex. des somnambules qui accomplissent des actions avec un esprit endormi.

(Voir aussi la notion de l’esprit “pilote du corps” chez Descartes dans Descartes, le Corps-machine).

Seconde objection : il dépend du seul pouvoir de l’esprit de parler ou de se taire.

Réponse :

Ceux donc qui croient parler, se taire ou faire quoi que ce soit en vertu d’un libre décret de l’esprit, rêvent les yeux ouverts.

III. Les actions de l’esprit naissent des idées adéquates, les passions des idées inadéquates.

  • Nulle chose ne peut être détruite, sinon par une cause extérieure. Il n’y a rien en elle qui puisse la détruire.
  • Des choses sont contraires si l’une peut détruire l’autre.
  • Chaque chose, selon sa puissance d’être s’efforce de persévérer dans son être.

VII. L’effort (conatus) par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être n’est rien en dehors de l’essence de cette chose.

VIII. L’effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être n’enveloppe aucun temps fini, mais un temps indéfini. S’il y avait une durée, un temps limité, la chose devrait être détruite par elle-même. Si elle n’est pas détruite par une cause extérieure, elle continue toujours d’exister.

IX. L’esprit, constitué d’idées adéquates et inadéquates, s’efforce de persévérer dans son être pour une durée indéfinie, et il est conscient de cet effort.

Cet effort, quand il se rapporte à l’esprit seul, est appelé Volonté ; mais quand il se rapporte à la fois à l’esprit et au corps, on le nomme Appétit (…). Le Désir est l’appétit accompagné de la conscience de lui-même. Scolie.

La loi du désir :

(…) on ne désire pas quelque chose parce qu’on la trouve bonne, mais on la juge bonne parce qu’on la désire. Philosophie magazine – hors-série, Spinoza – Voir le monde autrement.

X. Une idée qui exclut l’existence de notre corps ne peut être dans notre esprit, mais lui est contraire. Ce qui peut détruire notre corps ne peut être en lui.

XI. De ce qui augmente ou diminue la puissance d’agir du corps, l’idée augmente ou diminue la puissance de penser de l’esprit. Scolie – Définitions de la Joie et de la Tristesse (Cf. Définition des sentiments).

XII. L’esprit s’efforce d’imaginer ce qui augmente la puissance d’agir du corps.

XIII. Quand l’esprit imagine des choses qui diminuent la puissance d’agir du corps, il s’efforce de se souvenir de choses qui excluent l’existence des premières. L’esprit répugne à imaginer ce qui diminue sa puissance et celle du corps. Scolie – Définitions des passions directes, Amour et Haine (Cf. Définition des sentiments).

XIV. Si l’esprit a été affecté par deux sentiments en même temps, lorsqu’il sera affecté par l’un d’eux par la suite, il sera aussi affecté par l’autre.

XV. N’importe quelle chose peut être, par accident, cause de joie, de tristesse ou de désir. Nous aimons ou haïssons certaines choses sans aucune cause connue de nous.

XVI. Nous aimerons ou haïrons une chose par la seule ressemblance avec un objet qui provoque d’ordinaire dans l’esprit joie ou tristesse.

XVII. Nous aimerons et haïrons à la fois une chose qui nous affecte de tristesse si elle a une ressemblance avec une autre qui nous affecte de joie. L’état de l’esprit qui naît de deux sentiments contraires s’appelle Flottement de l’âme.

XVIII. L’homme est pareillement affecté de joie ou de tristesse par l’image d’une chose passée ou future ou présente. L’image d’une chose en soi est la même qu’on la rapporte au futur, au passé ou au présent.

XIX. Celui qui imagine la perte de ce qu’il aime sera attristé ; s’il l’imagine conservé, il se réjouira (ce qui augmente la puissance d’agir).

XX. Celui qui imagine la destruction de ce qu’il hait se réjouira.

XXI. Celui qui imagine ce qu’il aime comme affecté de joie ou de tristesse sera affecté lui aussi de joie ou de tristesse.

XXII. Si nous imaginons que quelqu’un affecte de joie une chose que nous aimons, nous serons affectés d’amour pour lui. Et inversement pour la tristesse (haine contre lui).

XXIII. Celui qui imagine ce qu’il hait comme affecté de tristesse se réjouira. Inversement, si affecté de joie, il sera attristé.

Cette joie ne peut être solide et sans conflit dans l’âme.

XXIV. Si nous imaginons que quelqu’un affecte de joie une chose que nous haïssons, nous serons affectés de haine contre lui. Inversement, si affecté de tristesse, amour envers lui.

XXV. Nous nous efforçons d’affirmer de nous-mêmes et de la chose aimée tout ce que nous imaginons affecter de joie ou en affecter la chose aimée. Inversement, nous nous efforçons de nier tout ce que nous imaginons nous affecter de tristesse ou en affecter la chose aimée.

XXVI. Nous nous efforçons d’affirmer de la chose que nous haïssons tout ce que nous imaginons l’affecter de tristesse. Inversement, de nier tout ce que nous imaginons l’affecter de joie.

XXVII. Si nous imaginons qu’une chose semblable à nous et pour laquelle nous n’avons éprouvé aucun sentiment est affectée de quelque sentiment, nous sommes par cela affectés d’un sentiment semblable [Passions par imitation].

XXVIII. Nous nous efforçons de produire ce que nous imaginons conduire à la joie. Nous nous efforçons de nous écarter ou de détruire ce qui conduit à la tristesse.

XXIX. Nous nous efforçons de faire tout ce que nous imaginons que les hommes regardent avec joie. Nous répugnons à faire ce que nous imaginons que les hommes ont en aversion.

XXX. Imaginer affecter les autres de joie ou de tristesse nous affecte de joie ou de tristesse.

XXXI. Imaginer que quelqu’un a en aversion une chose que nous aimons ou inversement (aime une chose que nous haïssons) nous fait éprouver un flottement de l’âme.

XXXII. Si nous imaginons que quelqu’un tire de la joie d’une chose qu’un seul peut posséder, nous ferons tout pour qu’il ne la possède pas.

(…) les hommes sont, par nature, disposés à avoir pitié de ceux qui sont malheureux, et à envier ceux qui sont heureux, et à faire preuve envers ces derniers d’une haine d’autant plus grande qu’ils aiment davantage la chose qu’ils imaginent être en la possession d’un autre.

XXIII. Lorsque nous aimons une chose semblable à nous, nous nous efforçons de faire qu’elle nous aime aussi.

XXXIV. Plus grand nous imaginons le sentiment dont la chose aimée est affectée envers nous, plus nous nous en glorifierons.

XXXV. Si l’on imagine qu’un autre s’attache à la chose aimée par le même lien d’amitié que celui par lequel on l’avait seul en sa possession, on sera affecté de haine envers la chose elle-même et on enviera cet autre.

XXXVI. Celui qui se souvient d’une chose qui lui a donné du plaisir, désire la posséder dans les mêmes circonstances que la première fois. S’il manque une de ces circonstances, il sera attristé.

XXXVII. Le désir qui naît d’une tristesse/haine ou d’une joie/amour est d’autant plus grand que le sentiment est plus grand (proportionnalité).

XXXVIII. Si l’on hait une chose aimée, jusqu’à anéantir l’amour, on éprouvera une haine plus grande que si on ne l’avait jamais aimée (proportionnelle à l’amour éprouvé).

XXXIX. Celui qui hait quelqu’un s’efforcera de lui faire du mal, sauf à subir un mal plus grand. Inversement pour celui qui aime (il fera du bien).

Scolie – définitions du bien et du mal :

  • Bien : tout genre de joie, tout ce qui conduit à la joie, et principalement ce qui satisfait un désir quel qu’il soit ;
  • Mal : tout genre de tristesse, et principalement ce qui frustre un désir.

XL. Qui imagine qu’un autre le hait sans motif le haïra à son tour (réciprocité de la haine).

XLI. Si l’on imagine qu’on est aimé, sans motif, on aimera à son tour (réciprocité de l’amour).

XLII. Celui qui fait du bien à quelqu’un par amour ou par espérance de la gloire, sera attristé si son bienfait est reçu avec ingratitude.

XLIII. La haine est augmentée par une haine réciproque et peut au contraire être détruite par l’amour.

XLIV. La haine vaincue par l’amour se change en amour plus grand.

XLV. Si l’on imagine que quelqu’un de semblable à nous hait un être semblable à nous et qu’on aime, on haïra cet autre.

XLVI. Si on est affecté de joie ou de tristesse par quelqu’un d’un autre groupe social ou d’une nation différente, on aimera ou haïra tous ceux du même groupe ou de la même nation.

XLVII. La joie qui naît de ce que nous imaginons qu’une chose que nous haïssons est détruite ne naît pas sans quelque tristesse de l’âme.

XLVIII. L’amour et la haine envers Pierre sont détruits ou diminués s’il n’en est pas la cause.

XLIX. L’amour et la haine envers une chose libre sont plus grands qu’envers une chose nécessaire.

L. N’importe quelle chose peut être, par accident, cause d’espoir ou de crainte.

Scolie – Bons ou mauvais présages : choses causes d’espoir ou de crainte, par accident.

LI. Des hommes différents peuvent être affectés différemment par un seul et même objet ; un seul et même homme peut être affecté différemment par un seul et même objet, à des époques différentes.

Scolie –

(…) chacun juge selon son propre sentiment ce qui est bon, ce qui est mauvais, ce qui est meilleur et ce qui pire.

LII. Nous ne considérons pas comme singulier un objet vu auparavant avec d’autres.

LIII. L’esprit se réjouit lorsqu’il considère sa puissance d’agir.

Cette joie est de plus en plus favorisée à mesure que l’homme imagine davantage qu’il est loué par d’autres.

LIV. L’esprit s’efforce d’imaginer seulement les choses qui posent sa puissance d’agir.

LV. Lorsque l’esprit imagine son impuissance, il est attristé.

Cette tristesse est de plus en plus favorisée si on imagine qu’on est blâmé par d’autres.

LVI. De la joie, de la tristesse et du désir, du flottement de l’âme, il y a autant d’espèces d’objets qui nous affectent.

Scolie – espèces de sentiments variables de l’Amour ou du Désir :

  • Désirs immodérés : Gourmandise, Ivrognerie, Appétit sexuel effréné, Avarice, Ambition (voir aussi la thèse de Calliclès sur le libre jeu des passions dans Platon, Gorgias ou De la Rhétorique) ;
  • Puissance de l’âme qui règle les sentiments : Tempérance, Sobriété, Chasteté (ce ne sont ni des sentiments, ni des passions).

LVII.  Tout sentiment d’un individu diffère du sentiment d’un autre autant que leurs essences diffèrent.

(…) les sentiments des animaux que l’on dit privés de raison (…) diffèrent des sentiments des hommes autant que leur nature diffère de la nature humaine.

LVIII. Il y a d’autres sentiments de joie et de désir qui se rapportent à nous en tant que nous sommes actifs.

LIX. Tous les sentiments se rapportent à la joie ou au désir quand l’esprit est actif.

Définition des sentiments

I. Désir : essence de l’homme, déterminée par une affection à faire quelque chose.

II. Joie : passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection.

III. Tristesse : passage de l’homme d’une plus grande à une moindre perfection.

Rappel : Désir, Joie et Tristesse sont les passions primordiales.

IV. Admiration : imagination singulière d’une chose sans connexion avec les autres.

V. Mépris : imagination d’une chose touchant si peu l’esprit qu’il imagine plutôt ce qui n’est pas en elle.

VI. Amour : joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure.

VII. Haine : tristesse accompagnée de l’idée d’une cause extérieure.

VIII. Inclination : joie accompagnée de l’idée d’une chose-cause de joie par accident.

IX. Aversion : tristesse accompagnée de l’idée d’une chose-cause de tristesse par accident.

X. Dévotion : amour envers celui que nous admirons.

XI. Moquerie : joie qui naît de ce que nous imaginons quelque chose à mépriser dans une chose que nous haïssons.

XII. Espoir : joie inconstante, née de l’idée d’une chose future ou passée dont l’issue est douteuse.

XIII. Crainte : tristesse inconstante, née de l’idée d’une chose future ou passée dont l’issue est douteuse.

XIV : Sécurité : joie née de l’idée d’une chose future ou passée au sujet de laquelle il n’y a pas de raison de douter.

XV. Désespoir : tristesse née de l’idée d’une chose future ou passée au sujet de laquelle il n’y a pas de raison de douter.

XVI. Contentement : joie accompagnée de l’idée d’une chose passée arrivée contre tout espoir.

XVII. Déception : tristesse accompagnée de l’idée d’une chose passée arrivée contre tout espoir.

XVIII. Pitié : tristesse accompagnée de l’idée d’un mal qui est arrivé à un autre semblable à nous.

XIX. Faveur : amour envers quelqu’un qui a fait du bien à un autre.

XX. Indignation : haine envers quelqu’un qui a fait du mal à un autre.

XXI. Surestime : avoir de quelqu’un, par amour, une meilleure opinion qu’il n’est juste.

XXII. Mésestime : avoir de quelqu’un, par haine, une pire opinion qu’il n’est juste.

XXIII. Envie : haine affectant l’homme attristé du bonheur d’autrui, qui se réjouit du mal d’autrui.

XXIV Miséricorde : amour affectant l’homme réjoui du bien d’autrui, attristé du mal d’autrui.

XXV. Satisfaction intérieure : joie née de l’homme se considérant lui-même et sa puissance d’agir.

XXVI. Humilité : tristesse née de l’homme considérant son impuissance, sa faiblesse.

XXVII. Repentir : tristesse qu’accompagne l’idée d’une action que nous croyons avoir faite par libre décret de l’esprit.

XXVIII. Orgueil : avoir de soi, par amour, une meilleure opinion qu’il n’est juste.

XXIX. Dépréciation de soi : avoir de soi, par tristesse, une moindre opinion qu’il n’est juste.

XXX. Gloire : joie qu’accompagne l’idée d’une de nos actions louées par les autres.

XXXI. Honte : tristesse qu’accompagne l’idée d’une de nos actions blâmées par les autres.

XXXII. Regret : désir de posséder une chose favorisé par son souvenir, contrarié par le souvenir d’autres choses excluant son existence.

XXXIII. Émulation : désir d’une chose né en nous de ce que nous imaginons que d’autres ont le même désir.

XXXIV. Reconnaissance/Gratitude : désir par lequel nous nous efforçons de faire du bien à celui qui nous en a fait par amour.

XXXV. Bienveillance : désir de faire du bien à celui dont nous avons pitié.

XXXVI. Colère : désir de faire du mal à celui que nous haïssons.

XXXVII. Vengeance : désir qui nous pousse, par haine réciproque, à faire du mal à celui qui nous a fait du mal.

XXXVIII. Cruauté/Férocité : désir qui pousse quelqu’un à faire du mal à celui que nous aimons ou dont nous avons pitié (opposé : clémence).

XXXIX. Appréhension peureuse : désir d’éviter par un mal moindre un mal que nous craignons plus grand.

XL. Audace : désir qui nous pousse à agir dans un péril auquel les autres craignent de s’exposer.

XLI. Pusillanimité : désir contrarié par la peur d’un danger auquel ses pareils osent s’exposer.

XLII. Stupeur : désir d’éviter un mal contrarié par l’étonnement devant le mal qu’il appréhende.

XLIII. Humanité/Modestie : désir de faire ce qui plaît aux hommes et de renoncer à ce qui leur déplaît.

XLIV. Ambition : désir immodéré de la gloire.

XLV. Gourmandise : désir immodéré de faire bonne chère.

XLVI. Ivrognerie : désir immodéré de la boisson.

XLVII. Avarice : désir immodéré des richesses.

XLVIII. Appétit sexuel : désir et amour de l’union des corps (immodéré ou non).

Explication : tous les sentiments naissent du Désir, de la Joie ou de la Tristesse.

Définition générale des sentiments

Passivité de l’âme : idée confuse par laquelle l’esprit affirme une force d’exister de son corps ou d’une partie du corps.

Cette force étant donnée, l’esprit est déterminé à penser à telle chose plutôt qu’à telle autre.

Bibliographie

Baruch Spinoza, L’Éthique, collection Folio Essais, Gallimard.

30 concepts incontournables – Les 30 plus grands philosophes, Questions philo.

L. Jaffro, M. Labrune, Gradus philosophique.

André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie.

L.-M. Morfaux, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines.

Philosophes – Les grandes pensées expliquées simplement, DK – Ed. Prisma Media, Ca m’intéresse.

Philosophie magazine – hors-série, Spinoza – Voir le monde autrement.

Voir aussi

Aristote, Éthique à Nicomaque

Conatus

Contingent/Nécessaire

Descartes , Le corps-machine

Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs

Hétéronomie/Autonomie

Monisme

Nietzsche, Généalogie de la morale

Le Plaisir est-il raisonnable ?

Platon, Gorgias ou De la Rhétorique

Platon, Ménon – L’opinion droite

Platon, République IV – La tripartition de l’âme

Sartre, L’existentialisme est un humanisme

Spinoza, L’Éthique – Livre I – De Dieu

Spinoza, L’Éthique – Livre II – De la nature et de l’origine de l’esprit

Spinoza, L’Éthique – Livre IV – De la servitude humaine ou des forces de sentiments

Spinoza, L’Éthique – Livre V – De la puissance de l’entendement ou de la liberté humaine

Volonté de puissance

Dsirmtcom, novembre 2018.

7 réponses à “Fiche de lecture – Spinoza, L’Éthique – Livre III – De l’origine et la nature des sentiments

  1. Pingback: Bac Philo – L’Inconscient – Fiche n° 4. L’Inconscient – Bibliographie | Directeur-des-Soins.com·

  2. Pingback: Fiche de lecture – Spinoza, L’Éthique – Livre V – De la puissance de l’entendement ou de la liberté humaine | Directeur-des-Soins.com·

  3. Pingback: Fiche de lecture – Spinoza, L’Éthique – Livre IV – De la servitude humaine ou des forces de sentiments | Directeur-des-Soins.com·

  4. Pingback: Carnet de vocabulaire philosophique – Monisme | Directeur-des-Soins.com·

  5. Pingback: Carnet de vocabulaire philosophique – Volonté de puissance | Directeur-des-Soins.com·

  6. Pingback: Fiche de lecture – Spinoza, L’Éthique – Livre II – De la nature et de l’origine de l’esprit | Directeur-des-Soins.com·

  7. Pingback: Fiche de lecture – Spinoza, L’Éthique – Livre I – De Dieu | Directeur-des-Soins.com·

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.