Bac Philo – L’Inconscient – Fiche n° 3. Les trois Inconscients et la Liberté

Une_leçon_clinique_à_la_Salpêtrière.jpg

Pierre Aristide André Brouillet, Une leçon clinique à la Salpêtrière – Source : Wikipedia

Les leçons de Philosophie – Bac Philo – Partie I. Le Sujet – Chapitre 3. L’Inconscient – Fiche n° 3. Les trois Inconscients et la Liberté

Fiche n° 3. Les trois Inconscients et la Liberté

Introduction

Dans cette exploration des problématiques liées à la notion d’inconscient, nous allons tout d’abord examiner les différentes formes que peut revêtir l’inconscient : inconscient psychique, social, biologie. Nous verrons ensuite des questionnements autour des notions de liberté, de responsabilité et de conscience, face à celle de l’inconscient puissant et semble-t-il souverain maître de nos pensées et de nos actions.

Les trois Inconscients

L’inconscient psychique

De la “grande hystérie” à la psychanalyse

A tout seigneur, tout honneur, commençons par la “voie royale” vers l’inconscient en compagnie du jeune Sigmund, médecin viennois, venu à Paris en 1885 découvrir les leçons du professeur Charcot, à l’hôpital de la Salpêtrière.

Jean-Martin Charcot, neurologue, travaille sur la “grande hystérie” et ses leçons relèvent du grand spectacle presque autant que de la médecine. Au moyen de l’hypnose, il induit une transe chez ses patientes, qui perdent conscience. Charcot recrée alors les symptômes de l’hystérie, démontrant que l’origine de cette pathologie n’est pas organique (liée au corps), mais fonctionnelle (liée à un traumatisme). Même si la racine étymologique du terme “hystérie” vient du grec hustera, qui signifie matrice, utérus, et donc caractérise plutôt le sexe féminin, Charcot étudie aussi des cas d’hystérie chez des hommes.

Dans les leçons 18 à 22 des Leçons sur les maladies du système nerveux, portant sur sept cas d’hystérie masculine, Charcot déclare que les symptômes hystériques sont dus à un « choc » traumatique provoquant une dissociation de la conscience, et dont le souvenir, du fait même, reste inconscient ou subconscient. Il pose là les bases de la théorie « traumatico-dissociative » des névroses, qui sera développée par Pierre Janet, Josef Breuer, Jean Leguirec et Sigmund Freud. Ces derniers, entre 1888 et 1889, entreprennent de « retrouver » sous hypnose les souvenirs traumatiques de leurs patients. Source : Wikipedia.

Freud va interpréter ses symptômes “à partir des notions principales de la psychanalyse : inconscient psychique, refoulement, conversion, transfert, conflit psychique” (Morfaux, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines). La dissociation de la conscience permet un accès direct à l’inconscient, qui se manifeste alors, dans les cas de Charcot, par une léthargie, une catalepsie ou un somnambulisme. La difficulté, pour l’aspect thérapeutique, est l’amnésie totale au réveil des patients, suite aux crises provoquées par l’hypnose. Freud va alors passer du traitement par hypnose aux entretiens non-directifs caractéristiques de la psychanalyse (c’est l’image d’Epinal du psychanalyste, assis silencieusement durant toute la séance durant laquelle le patient dit librement ce qui lui vient à l’esprit, et qui ne prend la parole qu’au tout dernier moment, pour le paiement de la séance).

L’appareil psychique et ses manifestations

Selon Freud, les manifestations de l’inconscient sont les pathologies comme l’hystérie, les rêves et les actes manqués (oubli, lapsus).

Oublier un objet, ou faire un lapsus, est parfois le signe d’une intention inconsciente qui modifie la volonté consciente. Cette intention révèle le désir profond de l’individu. La thèse freudienne de l’inconscient met en péril l’idée d’un homme à la volonté toute-puissante. Rosenberg, La Philosophie – Retenir l’essentiel.

Dans les rêves, dans les actes manqués, il y a donc passage d’une intention inconsciente vers la conscience. La description que donne Freud de l’appareil psychique permet de mieux comprendre les mécanismes de ce passage. Trois instances composent le psychisme humain :

  • Le Ça : c’est l’inconscient, empli des pulsions refoulées, hors du temps, soumis au principe de plaisir ;
  • Le Surmoi : gardien moral, il censure les pulsions qui tentent de venir à la conscience quand elles ne sont pas acceptables par la morale issue de l’éducation ;
  • Le Moi : c’est la conscience, qui gère comme elle peut le principe de réalité et le principe de plaisir.

“Le moi n’est pas maître dans sa propre maison”

“Rentre en toi-même profondément et apprends à te connaître.” C’est de cette manière que la psychanalyse voudrait instruire le moi. Mais les deux clartés qu’elle nous apporte : à savoir que la vie instinctive de la sexualité ne saurait être complètement domptée en nous et que les processus psychiques sont en eux-mêmes inconscients, et ne deviennent accessibles et subordonnés au moi que par une perception incomplète et incertaine, équivalent à affirmer que le moi n’est pas maître dans sa propre maison. Freud, Essais de psychanalyse appliquée.

Le “Connais-toi toi-même” de Socrate, devenu “Connais-moi moi-même” avec Freud n’est pas une mince affaire. Nous voyons aussi ici la part d’instinct liée à l’inconscient. Freud distingue deux types de pulsions : l’ Éros – pulsion de vie, sexuelle -, et le Thanatos – pulsion de mort. Ces forces peuvent être à l’origine des conflits psychiques, qui se manifestent par les différentes voies décrites ci-dessus. La conscience et la volonté sont donc soumis à ces forces de l’inconscient : le Moi est locataire de la maison dont l’inconscient est le vrai propriétaire.

L’inconscient social

Freud is back

Il y a une part d’inconscient social dans l’inconscient psychique freudien. D’une part, le Surmoi, gardien moral du Moi, se construit avec l’éducation parentale et sociétale (il suffit ici de penser à l’intégration culturelle du commandement biblique “Tu ne tueras point”, repris par les lois humaines à fort juste titre). D’autre part, Freud va expliquer certaines pathologies mentales par la répression sexuelle prônée par la société.

Dans le Malaise dans la culture, il explique ainsi que la vie en société, qui prescrit de respecter son prochain et si possible de l’aimer, va complètement à l’encontre de notre attitude spontanée par laquelle “le prochain ne représente pas seulement pour l’homme un auxiliaire ou un objet sexuel, mais aussi une tentation de satisfaire sur lui son agression, d’exploiter sans dédommagement sa force de travail, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’emparer de son bien, de l’humilier, de le faire souffrir et de le tuer”. Questions Philo, Les 30 plus grands philosophes.

Ouf… Si l’on en croit les pulsions décrites par Freud, il vaut mieux en effet que nous disposions d’un inconscient social pour les tempérer. Nous allons voir maintenant que Freud n’est pas le seul à avoir évoqué la notion d’un inconscient social.

Prolétaires de tous les pays, unissez vos inconscients

La morale, la métaphysique, la religion et tout le reste de l’idéologie, ainsi que toutes les formes de conscience qui leur correspondent, n’ont pas d’histoire, pas de développement ; ce sont au contraire les hommes qui, en développant leur production matérielle et leurs rapports matériels, transforment, avec cette réalité qui leur est propre, et leur pensée et les produits de leur pensée. Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. Marx et Engels, L’Idéologie allemande.

Karl Marx est le théoricien de la lutte des classes et des rapports de production : d’un côté, ceux qui détiennent les moyens de production et s’enrichissent avec, de l’autre, les travailleurs, qui offrent leur force de travail contre un salaire suffisant pour vivre ou survivre. La conscience devient ici la “conscience de classe”.

(…) à la situation d’un groupe social dans les rapports sociaux (…) doit correspondre une forme de conscience, dont les contenus sont déterminés en grande partie par les intérêts qui sont ceux des membres de ce groupe. Renaut, Leçons de la Philosophie.

Si la conscience est manipulée ainsi de l’extérieur par les “forces socioéconomiques” (Renaut), elle n’est plus la conscience cartésienne qui doute de tout et n’accepte comme vrai que ce qui se présente “clairement et distinctement” à son esprit. Toute conscience devient alors, selon Marx, “fausse conscience”, faussée par l’idéologie qui la fascine et la détermine. L’inconscient psychique détermine la conscience en la soumettant à ses forces pulsionnelles ; l’inconscient social détermine la conscience par l’idéologie dominante, celle “de la classe économiquement et politiquement dominante” (Marx, L’Idéologie allemande).

En mettant en lumière cette soumission inaperçue et mystificatrice d’une conscience à une conscience située tout autrement qu’elle dans les rapports de production, la théorie marxiste de l’idéologie ouvrait ainsi la voie au thème d’un “inconscient social” : la fausse conscience, socialement mystifiée, qui se croit l’auteur de ce qu’elle conçoit et de ce qu’elle se représente, est aussi étrangère à elle-même que la conscience peut l’être dans la théorie freudienne de la vie psychique par rapport aux forces inconscientes qui suscitent en elle des formations de compromis à l’origine desquelles elle s’imagine être. Renaut, Op. cit.

L’inconscient social agit donc avec des mécanismes similaires de ceux de l’inconscient psychique : l’idéologie structure la collectivité, comme les pulsions structurent l’individu. Dans les deux cas, la conscience, Moi ou “fausse conscience”, perd inévitablement son rôle d’auteur de ses pensées et de ses actes. Quelle est la force ou quelles sont les forces qui poussent des individus à attendre des heures durant l’ouverture d’un magasin de smartphones, dans l’espoir – perçu toutefois comme une volonté individuelle – d’obtenir enfin le dernier modèle de la marque ? L’idéologie dominante d’une marque à la pomme au marketing surpuissant, qui impose aux individus l’appel irrésistible de la toute dernière technologie ? Le principe de plaisir du Ça, inconscient maître absolu du Moi, réclamant une satisfaction immédiate et inconditionnelle ?

Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. Marx, Op. cit.

L’inconscient sociologique

L’inconscient social a été aussi étudié par la sociologie de la connaissance et du savoir, développée par Pierre Bourdieu (Renaut).

(…) l’inconscient n’est jamais que l’oubli de l’histoire que l’histoire elle-même produit en incorporant les structure objectives qu’elle produit dans ces quasi-natures que sont les habitus. Bourdieu, Esquisse d’une théorie de la pratique.

Nous retrouvons ici les notions évoquées par Marx : des forces manipulant de l’extérieur, socioéconomiques pour Marx, sociales par les structures objectives (organisation du monde en groupes sociaux) ; la “fausse” conscience, faussée par l’idéologie, et la conscience conditionnée par les “habitus”. Les “habitus” sont des “structures structurées structurantes”.

Les conditionnements associés à une classe particulière de conditions d’existence produisent des habitus, systèmes de dispositions durables et transposables, structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structures structurantes, c’est-à-dire en tant que principes générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente de fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre, objectivement “réglées” et “régulières” sans être en rien le produit de l’obéissance à des règles, et, étant tout cela, collectivement orchestrées sans être le produit de l’action organisatrice d’un chef d’orchestre. Bourdieu, Le sens pratique.

Les habitus sont des produits de pratiques historiques, individuelles et collectives, qui visent à rendre les pratiques conformes et constantes. Les expériences passées sont intégrées par les individus et prennent la forme de schèmes (“représentation d’un procédé général de l’imagination, servant à procurer à un concept son image”, Morfaux). Ce sont des schèmes “de perception, de pensée et d’action” (Bourdieu, Op. cit.). Même si ces schèmes produit par un conditionnement se rapprochent d’automatismes, il subsiste une certaine marge de contrôle pour la conscience.

(…) l’habitus rend possible la production libre de toutes les pensées, toutes les perceptions et toutes les actions inscrites dans les limites inhérentes aux conditions particulières de sa production, et de celles-là seulement. Ibid.

Après avoir trouvé une conscience presque entièrement soumise à des pulsions ou à des idéologies, nous voyons ici apparaître la notion d’une liberté, certes relative puisque contenue dans un cadre donné de conditionnement, mais permettant la possibilité d’une diversité de réponses, là où les inconscients psychique et social idéologique ne laissaient que très peu de place à une quelconque autonomie. L’inconscient sociologique ne serait pas la “prison” de la conscience, comme le corps platonicien a pu être, dans un autre domaine, considéré comme la “prison de l’âme”.

L’inconscient biologique

L’inconscient est-il “Bio”

Avec la découverte de l’ADN et de ses fonctions de transmission de l’information génétique, nous sommes passés à une conception du vivant comme “la réalisation d’un programme prescrit par l’hérédité” (Renaut). Nous serions le fruit de codages divers et variés permettant d’exécuter la construction d’un être vivant, à partir d’un patrimoine héréditaire issus des chromosomes. Il y a ici quelque chose du corps-machine de Descartes, et des échos des fonctionnalistes, qui considèrent l’esprit comme l’équivalent d’un ordinateur soumis à des “inputs” (causes des états mentaux) et produisant des “outputs” (actions ou comportements produits par les états mentaux provoqués par les “inputs” (voir la fiche 3.a. de la notion de Conscience). Nous sommes ici dans le cadre de la génétique, dont voici la définition :

Science de l’hérédité qui étudie la répartition, la transmission et l’action des gènes. Morfaux, Op. cit.

L’hérédité, c’est, étymologiquement, l’héritage de ce patrimoine (ou matrimoine, ou les deux) issu de nos ancêtres jusqu’aux plus lointains. Nous ne sommes toutefois pas de simples copies ou répliques de nos ancêtres, sinon ce serait une cellule, identique à la cellule originelle, qui écrirait ces mots et vous seriez aussi une cellule qui lit ces mots (si tant est que des cellules puissent le faire).

L’hérédité est seulement la somme de tous les environnements du passé. Burbank L., The training of a human plant. (Cité par P. Bougnères, Cf. plus loin).

L’évolution des espèces, décrite par Darwin, a conduit à des sélections d’individus, se différenciant peu à peu à la suite de variations de leur génome, pour garder ceux qui convenaient le mieux à la survie et à la conservation de l’espèce dans l’environnement qui était alors le leur. Les variations qui se sont conservées constitue un patrimoine sur lequel nous n’avons aucune action consciente ou volontaire possible : c’est une sorte d’inconscient génétique, qui s’exprime encore aujourd’hui :

Notre génome porte en tout cas aujourd’hui des variants fonctionnels qui nous sont favorables après l’avoir été déjà pour nos lointains ancêtres, ou sont devenus défavorables dans les conditions changées de la vie moderne (« mismatch » génétique). Ils n’ont donc pas été faits pour
les homo sapiens qui vivent aujourd’hui, ils n’ont pas le pouvoir de les changer de leur vivant, seulement de les transmettre, favorables ou défavorables, sans le savoir ni le vouloir. Bougnères P., Les marques épigénétiques du stress, une porte entr’ouverte sur l’inconscient.

Il n’y a donc pas d’action possible sur cet “inconscient” génétique. Mais il en va différemment pour ce qui est de l’épigénétique.

L’épigénétique au sens moderne étudie les implications entre les gènes d’un individu et son environnement, à la différence de la génétique dont nous avons vu qu’elle ne s’appliquait qu’aux gènes. Voici la définition que Pierre Bougnères donne de l’épigénétique :

[L’]ensemble des mécanismes et phénomènes qui influent sur l’expression des gènes et les phénotypes sans changement de la séquence ADN, et qui sont capables de se perpétuer de mitose en mitose, de cellules-mères en cellules-filles. Ibid.

Nous découvrons qu’avec l’épigénétique il existe une possibilité de modifier notre “inconscient” génétique, non dans son fond (la séquence ADN), mais dans sa forme, c’est-à-dire dans l’expression des gènes et des phénotypes (nos caractères apparents : morphologiques, physiologiques, etc.). C’est notre environnement qui va permettre ces modifications, mais aussi la plasticité cérébrale pour ce qui concerne les phénomènes liés à notre vie mentale. Dès avant la naissance, ce qui deviendra notre cerveau est “influencé par des marques moléculaires acquises par les générations précédentes et soumis à des signaux”. Le cerveau du foetus continue de se construire et devient capable de recevoir d’autres signaux, internes et externes.

Il a déjà un « inconscient » moléculaire et cellulaire. Le cerveau voit le jour, à proprement parler, avec la naissance. Il s’ouvre alors sur la vie extra-utérine, riche de multiples sensations qui sont au début en bonne partie filtrées et organisées par une mère le plus souvent aimante et attentionnée.
Il reçoit ensuite ses propres stimuli et enrichit progressivement, grâce à certains d’entre eux, la trame épigénétique de son individualité mentale, et sur laquelle se produit, à moment donné, « l’éclosion de la pensée ». Ibid.

Nous retrouvons ici la conception freudienne de l’inconscient “pareil à un grand cercle qui enfermerait le conscient” : le “stade antérieur” de la conscience est bien l’inconscient, pour Freud comme pour l’épigénétique. Nous arrivons alors à une définition possible d’un inconscient biologique.

(…) on pourrait le concevoir comme :
– une masse plus ou moins organisée, plus ou moins finalisée, de toutes les marques indélébiles ou non se trouvant inscrites dans les cellules de notre cerveau à un instant donné de notre vie ;
– soumise à l’effet de certains événements vécus apportant ou retranchant des marques, selon une dynamique très active qui sculpte le développement dans l’enfance et au-delà et le déroulement de notre vie psychique et mentale ;
– que la pensée peut influencer et qui peut influencer la pensée ;

– mais qui peut demeurer en partie impossible à ramener à la conscience.
L’épigénétique, clairement, en fait partie. Ibid.

L’inconscient biologique serait donc la somme des “marques” successives, laissées ou non dans notre cerveau, variable dans le temps. Inconscient et conscient auraient une influence respective, et non unilatérale de l’inconscient vers le conscient. Une partie de notre inconscient nous serait cependant inaccessible. Ces “marques” rappellent les “petites perceptions” de Leibniz (voir la fiche n° 2. Des Inconscients et des hommes) qui parviennent ou non à la conscience. Et nous sommes à nouveau en compagnie de Freud, lorsqu’il s’agit d’accéder à cet inconscient si impénétrable, et de changer par la pensée l’influence qu’il a sur notre conscience.

Selon Freud en effet, un individu n’a pas une conscience alerte de la vaste majorité du traitement
mental des événements, mais peut trouver un accès conscient à ces processus par un effort d’attention convenablement guidé par un professionnel. Ibid.

Addiction et inconscient

Parmi les comportements qui échappent sinon à notre conscience, mais du moins à notre volonté, se trouvent les addictions. Voici la définition qu’en donne l’INSERM :

Les addictions sont des pathologies cérébrales définies par une dépendance à une substance ou une activité, avec des conséquences délétères. Les chercheurs tentent de mieux décrire les mécanismes impliqués dans l’apparition, le maintien et les rechutes des addictions. Ils essaient aussi d’identifier les facteurs de vulnérabilité individuels, sociétaux et environnementaux, pour une meilleure prévention et prise en charge. INSERM, Addictions – Du plaisir à la dépendance.

Nous sommes ici dans le cadre d’une maladie affectant le cerveau, et nous allons l’examiner sous le prisme de la notion d’inconscient.

Il s’agit d’une situation de dépendance à un produit ou à une activité. La notion de dépendance est en lien avec celles de subordination, de soumission, d’influence, ainsi que de conditionnement, de détermination (cnrtl.fr). L’étymologie latine, dependere, signifie “être suspendu à”. Tentons maintenant de rapprocher ces éléments de la notion d’inconscient.

L’installation d’une addiction implique au moins trois mécaniques :

  • une augmentation de la motivation à consommer la drogue (recherche de plaisir),
  • un état émotionnel négatif (recherche d’un soulagement),
  • une diminution de la capacité à se contrôler (perte de contrôle de la consommation).

L’addiction démarre essentiellement avec le plaisir généré par la substance addictive. Cette sensation est due à des modifications électrochimiques s’opérant dans le cerveau en réponse à la
consommation de la substance. On observe en particulier la libération de dopamine, la molécule « du plaisir » et de la récompense, dans le noyau accumbens. INSERM, Op. cit.

Nous avons vu précédemment que le principe de plaisir était le seul qui régissait l’inconscient, le “Ça” : il veut être satisfait tout de suite, sans condition posée au préalable. La conscience, le “Moi”, est subordonnée, soumise au Ça. Elle tente d’imposer ses conditions : accorder le principe de réalité – la prise en compte de ce qui nous environne, des normes sociales, des “coutumes” – à celui de plaisir – tout, tout de suite. La dépendance commence lorsque le plaisir l’emporte sur la réalité : la conscience cède à l’inconscient. La prise de substance va libérer alors la “molécule de plaisir” dans le cerveau. La consommation régulière de substances addictives va entraîner une diminution de la production de cette molécule, de ces endorphines produites naturellement à l’origine.

Dès lors, le plaisir n’est plus obtenu que par l’apport de la substance extérieure, ce qui induit une augmentation de la tolérance à cette substance et un manque dès l’arrêt de sa consommation. Ibid.

L’addiction va se consolider alors avec le “besoin incessant de plaisir”, et un état émotionnel négatif, qui va motiver la prise de substance ou la pratique de l’activité addictive. La conscience est alors conditionnée, déterminée à rechercher et à trouver le plaisir au détriment de toute autre activité. Le Ça semble devenu le seul maître en sa maison. La perte de contrôle semble signer le silence du gardien moral du moi, le Surmoi, qui tentait, désormais en vain, de faire correspondre le Moi idéal au Moi réel, devenu Moi addict soumis à la satisfaction perpétuelle de cet inconscient avide de plaisir.

Notons aussi qu’il peut y avoir un conditionnement relevant d’une idéologie dominante comme le concevait Marx. Avant la loi Evin du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, le tabac et l’alcool jouissaient d’une image positive, relayée par les différents lobbies via les publicités. L’image du cow-boy Marlboro, le “Marlboro Man” exprimait la liberté des grands espaces américains, la virilité masculine. Les fumeurs s’identifiaient alors à cette icône si tentatrice, cigarette aux lèvres. L’ironie de l’histoire veut que cinq des acteurs ayant incarné le Marlboro Man seraient morts d’une maladie liée à leur consommation de tabac sur le long cours. L’alcool jouit encore d’une image ambiguë. Dernièrement encore, un ministre de l’Agriculture affirmait que “le vin n’est pas un alcool comme les autres”, en reprenant des arguments similaires à celui du lobby viticole :

(…) il y a une viticulture en France, c’est ce qui fait notre force et c’est ce qui fait l’excédent de notre balance commerciale. Propos tenus par Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, sur LCI, « Le vin n’est pas un alcool comme les autres » : le ministre de l’Agriculture assume et reprend les arguments du lobby viticole.

Le vin est une manne financière, pour le lobby viticole comme pour l’État (comme aussi bien sûr tous les alcools qui sont soumis à des taxes venant compléter le budget des finances nationales). Souvenons-nous des propos de Marx pour qui, “à chaque époque l’idéologie dominante se trouve être l’idéologie de la classe économiquement et politiquement dominante” (L’Idéologie allemande). Il y a clairement ici la tentative, par un milieu économique – le lobby viticole directement, le ministère des finances indirectement – et politique – un ministre qui vante un alcool, le vin -, d’imposer une idéologie prônant les “bienfaits” du vin, un alcool vraiment comme tous les autres. Bienvenue à l’inconscient social alcoolophile et alcoolique. Voici sans doute ce qu’il faut retenir de toute idéologie, alcoolique ou non :

L’idéologie est l’idée de mon adversaire, serait une des moins mauvaises définitions de l’idéologie. Raymond Aron.

Pour mémoire, les propos tenus par le ministre de l’Agriculture, sur le particularisme du vin quant à l’alcool, ont été contredits par tous les médecins addictologues, mais aussi par sa collègue Agnès Buzyn, ministre de la Santé qui a déclaré : [c’est bien] “la même molécule dans le vin que dans n’importe quel autre alcool ». Ce à quoi le ministre de l’Agriculture a courageusement répliqué par cette précision : « Une molécule de vin et une molécule de whisky a le même degré d’alcool. Sauf que je ne bois pas des molécules, je bois des verres. » Voici la démonstration la plus éclatante de la force du conditionnement idéologique pratiqué sur un inconscient : je persuade ma conscience que ces molécules d’alcool ne sont que des verres, implicitement inoffensifs, et le tour de passe-passe est joué. “L’idée de mon adversaire”, vous dis-je…

L’Intestinconscient

L’intestin est un auxiliaire précieux du cerveau. Si bien que l’idée de mettre au point des «psychobiotiques» pour atténuer le stress ou la dépression fait son chemin. Avec l’espoir de traiter de nombreuses autres pathologies, comme le diabète ou Parkinson. Sender E., Le microbiote allié de notre cerveau.

Depuis quelque temps, notre cerveau “historique” n’est plus seul, nous avons un deuxième cerveau : l’intestin. Celui-ci serait pourvu de son propre système nerveux (neurones), mais surtout d’un “microbiote”, nom savant moderne donné à l’ancienne flore intestinale. Le microbiote est composé de 40.000 milliards de bactéries d’espèces différentes. Les recherches actuelles s’orientent vers le lien entre microbiote et cerveau, notamment sur la possibilité de “soigner le microbiote pour soulager le cerveau”, dans le cadre de pathologies mentales comme la dépression et l’anxiété, mais aussi neurologiques (maladie de Parkinson) ou endocrinologiques (diabète). Si nous avons affaire avec le microbiote à un possible inconscient, remarquons que ce serait en quelque sorte un inconscient d’origine extérieure, puisque les bactéries qui le composent ne sont pas des organes humains, mais des “habitants” de l’organe qu’est l’intestin. La notion d’un inconscient “externe” ne nous est pas étrangère, si nous considérons l’inconscient social, forgé par les idéologies ou les forces sociologiques.

Avec l’appareil psychique de Freud, nous avions vu les différentes voies de circulation  d’information entre l’inconscient ou Ça, le Surmoi et le Moi : les pulsions du Moi sont refoulées par le Surmoi vers le Ça, réservoir des pulsions refoulées ; les pulsions refoulées dans le Ça tentent de passer la barrière “morale” du Surmoi pour atteindre le Moi, soit elles retournent au Ça, soit elles parviennent au Moi, par l’intermédiaire des rêves, des actes manqués, mais sous des formes “cachées”. Ces différentes instances de l’appareil psychique communiquent donc entre elles. Des voies de communication entre l’intestin et le cerveau ont également été identifiées :

  • Sanguine : circulation dans le sang des métabolites produits par le microbiote, agissant sur les autres cellules de l’organisme ;
  • Immunitaire : réponse des cellules immunitaires à la circulation des métabolites du microbiote, avec production de molécules agissant sur le cerveau (immunité, inflammation) ;
  • Endocrinienne : sécrétion d’hormones après activation des cellules endocrines par les métabolites du microbiote, modifiant l’activité des neurones ;
  • Nerveuse : activation du nerf vague par les neurones de l’intestin.

Gardons essentiellement cette notion de communication entre intestin et cerveau, qui s’opère de façon inconsciente, même si certains effets, comme le stress, peuvent être ressentis consciemment. Cet inconscient intestinal semble pouvoir être à la fois en lien avec des pathologies, mais aussi porteur d’espoir de thérapies via le microbiote : après le psychanalyste thérapeute de l’inconscient, l’intestinanalyste thérapeute de l’intestinconscient ?

Liberté et Inconscient

Pour terminer cette fiche sur les différentes inconscients, nous allons évoquer, en les survolant, différentes problématiques liées aux conséquences possibles de cet inconscient, si puissant et quasi-souverain, sur notre fragile conscience.

Libre de tout ou libre de rien ?

Avec ces inconscients qui nous gouvernent, comment pouvons-nous expérimenter une marge de liberté pour la conscience ? L’inconscient psychique est maître du moi, l’inconscient social détermine nos idéologies et l’inconscient biologique se nourrit de notre passé pour le faire exister au présent. Où est notre capacité à choisir librement, où est notre libre arbitre ? Voici une définition du libre arbitre :

Puissance de choisir ou de ne pas choisir un acte telle qu’on en fait l’épreuve dans les choses où il n’y a aucune raison qui nous penche d’un côté plutôt que de l’autre. Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie.

Puissance de choisir consciemment contre puissance de l’inconscient qui enferme le conscient. Pour Descartes, notre libre arbitre ne fait pas de doute (il est le spécialiste du doute hyperbolique) :

Il n’y a point de différence entre ce qui est volontaire et ce qui est libre. Descartes, Méditations métaphysiques, 3ème réponse aux objections.

Nous sommes libres de tout. Pour choisir librement, pour donc être libre, il suffit de vouloir et de le vouloir. Mais cette volonté, si l’on s’en réfère aux différents inconscients, est loin de venir de notre seule consciente : je peux vouloir sans savoir qu’ainsi je cède à mon inconscient psychique régi par le seul principe de plaisir et la satisfaction immédiate ; je peux vouloir sans m’apercevoir que c’est une idéologie dominante qui guide mon choix via mon inconscient social ; je peux vouloir parce le besoin de dopamine engendré par la prise d’une substance addictive est plus fort que moi, et donc que ma volonté libre.

Pour Spinoza, pas de doute cartésien, nous n’avons aucun libre arbitre, car nous ne sommes que le mode – une expression, une modification par quelque chose de supérieur, la substance – de la substance unique, divine, qui est cause de toute chose : “Dieu, c’est-à-dire la Nature” (voir les différentes livres de L’Éthique de Spinoza dans les Fiches de lectures).

Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorant des causes qui les déterminent. Spinoza, Lettre à Schueller.

Nous ne sommes libres de rien. Tout est déterminé, nécessairement, par la substance unique, cause de toute chose. Nous serions ici plus proche de l’inconscient collectif de Jung (voir fiche n° 2. Des Inconscients et des hommes), qui détermine toute l’humanité avec les archétypes, images et symboles ancestraux (Morfaux).

Responsable et/mais pas libre ? Peut-on être responsable sans être libre ?

Notions : liberté, responsabilité

Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous. Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre.

Si le doute subsiste sur l’étendue de notre liberté, sommes-nous, quoi qu’il en soit, responsables ? Saint-Exupéry nous montre la responsabilité comme partagée par essence entre les êtres humains, mais non diluée : chacun porte en soi-même, en son soi d’être humain, la responsabilité de tous, autrement dit d’autrui, d’autre que lui. Nous ne sommes pas libres de choisir d’être ou non responsable : cela fait partie de l’essence, de la nature humaine. Pour paraphraser Sartre, nous sommes condamnés – sinon à être libre, comme il l’écrit, mais, du moins – à être responsable : peu importe alors que nous soyons pleinement libres.

Où se terre ici la partie inconsciente de notre être ? Si nous sommes condamnés à être responsables, c’est bien qu’une force supérieure nous impose de l’être, au-delà d’un choix que ferait notre conscience : nous n’avons pas le choix, nous ne sommes pas libres de ne pas être responsables.

Être responsable est se reconnaître ou être reconnu comme l’auteur, la cause d’une action et de ses conséquences bonnes ou mauvaises. Morfaux, Op. cit.

Je me reconnais, consciemment, auteur d’un acte que j’ai accompli, consciemment ou inconsciemment. Je suis reconnu comme auteur d’un acte, même si j’en suis inconscient sur le moment ou même au moment où je suis reconnu, et peut-être condamné cette fois pour l’acte commis. Il y a ici de la circulation entre conscient et inconscient : j’ai pu commettre cet acte sous l’empire d’une impulsion – ou d’une pulsion – que je ne maîtrisais pas, que je ne voulais pas. J’en deviens – ou non – conscient, et seul responsable devant tous. Et je ne suis toujours pas libre d’être ou de ne pas être responsable, quel qu’ait été le rôle de mon inconscient dans tout cela.

Alors, libéré ? délivré ?

Connaître et reconnaître ce qui nous rend esclave est le premier pas vers la liberté. Si je sais quelles sont mes chaînes, je sais mon pouvoir de faire émerger du possible. Peut-être pouvons remonter le temps des philosophies pour nous donner quelques pistes pour être, une heure rien qu’une heure durant, libre, responsable et conscient à la fois.

Le cogito de Descartes déclare : “Je suis, j’existe” et “Je pense donc je suis” (Méditations métaphysiques ; Discours de la méthode). Quelle que soit notre approche de l’inconscient, qu’il soit psychique, social ou biologique, nous ne pouvons douter que nous existons. Lorsque Freud affirme “que l’inconscient peut se passer de stade conscient et avoir cependant une valeur psychique” (L’Interprétation des rêves), il affirme que nous existons, même si nous ne sommes qu’un inconscient. Freud ne réduit pas la conscience à une portion congrue, puisque “la conscience nous renseigne sur lui”, l’inconscient, même si c’est “d’une manière aussi incomplète que nos organes des sens sur le monde extérieur” (Ibid.). Notre inconscient existe, notre conscience existe, et cette dernière peut percevoir l’inconscient, même si c’est de façon très partielle, tout comme nous ne pouvons jamais percevoir d’un seul regard un arc-en-ciel, et qu’il nous faut le parcourir sur toute son étendue. Nous sommes donc conscients que notre inconscient existe : nous pouvons le connaître, au moins en partie, et nous pouvons le reconnaître, notamment dans ses diverses manifestations, comme les rêves que nous faisons. Voilà pour cette étape cartésienne.

Spinoza affirme que nous n’avons aucun libre arbitre : nous ne sommes donc absolument pas libres, tout est déterminé. Mais en affirmant cela, il nous donne déjà la clé pour retrouver une autre liberté que celle, illusoire, de nous croire pleinement auteur et responsable de nos pensées et de nos actions.

Cependant renoncer à l’illusion du libre arbitre d’être “un empire dans un empire”, accepter la libre nécessité” du déploiement de la substance divine est surmonter les passions et ainsi accéder à la liberté véritable. Morfaux, Op. cit.

Tout comme si nous connaissons et reconnaissons la place et le rôle de notre inconscient face à notre conscience, si nous connaissons et reconnaissons que tout est nécessairement déterminé, nous devenons alors véritablement libres, en nous libérant notamment de nos passions, que nous subissons littéralement (l’étymologie du mot “passion” vient du latin passio, de pati, souffrir, subir – Morfaux). Il y a du stoïcisme (et aussi du bouddhisme) chez Spinoza :

N’essaie pas que ce qui arrive arrive comme tu veux, mais veux ce qui arrive comme il arrive, et tu couleras des jours heureux. Arrien de Nicomédie, Le “Manuel” d’Épictète.

Nous voici donc libérés, délivrés, nous ne nous mentirons plus jamais. Souvenons-nous du “Connais-toi toi-même” inscrit au fronton du temple d’Apollon à Delphes : connaissant et reconnaissant notre part d’obscurité et la “libre nécessité”, nous nous libérerons des chaînes qui nous entravent par leur simple connaissance et reconnaissance. Socrate résume cela admirablement dans sa déclaration d’ignorance :

Le plus sage d’entre vous, c’est celui qui, comme Socrate, reconnaît que sa sagesse n’est rien. Platon, Apologie de Socrate.

“Je sais que je ne sais pas”, voilà le Sésame pour se libérer de la prison et des chaînes de nos inconscients.

En bref/L’essentiel

L’inconscient psychique est une des trois instances de l’appareil psychique, décrit par Freud  : c’est le concept du Ça, inconscient réservoir de nos pulsions refoulées, régi uniquement par le principe de plaisir et sa satisfaction immédiate et inconditionnelle. Les autres instances sont le Surmoi, gardien moral des pensées et des actes, et le Moi, la conscience qui n’est pas “maître en sa maison”. L’inconscient se manifeste à la conscience par les rêves et les actes manqués.

L’inconscient social est construit par l’éducation, mais aussi par l’idéologie dominante d’une société : c’est la “conscience de classe” de Marx, qui n’est qu’une “fausse conscience”, soumise et forgée par les forces économiquement et politiquement dominantes. La sociologie décrit aussi le façonnage de l’inconscient par des conditionnements historiques, individuels et collectifs, qui produisent les “habitus”. Il subsiste ici une marge relative d’autonomie pour la conscience, dans le cadre donné par les habitus, les pratiques conformes de la collectivité sociale.

L’inconscient biologique est lié à la génétique, par l’expression de l’ADN des gènes, comme un programme qui s’exécute sous la prescription de l’hérédité. L’environnement peut jouer un rôle sur la modification de cet inconscient biologique : c’est l’épigénétique, qui va influer sur l’inconscient avec des mécanismes qui ne modifieront pas cependant la séquence ADN de l’hérédité. IL y a donc une action possible sur l’inconscient, via notre environnement, nos expériences et nos pensées. L’addiction est un phénomène qui montre la puissance de l’inconscient biologique, mais aussi social, dans l’installation d’une situation de dépendance de la conscience envers une substance ou une activité addictive. Les découvertes récentes sur l’hypothèse d’une “deuxième cerveau” qui serait notre intestin ouvre de nouvelles perspectives à la notion d’inconscient biologique.

Les notions d’inconscient et de liberté ne sont pas incompatibles. Si notre libre arbitre – notre capacité de choisir librement – est mis en difficulté par les différentes formes d’inconscient, le fait de connaître et de reconnaître cette présence puissante de l’inconscient ouvre à une nouvelle liberté, à une nouvelle responsabilité, à une conscience retrouvant alors de l’autonomie dans la réalisations de ses pensées et de ses actes.

Thème et notions connexes

Thème Notions connexes Fiches “L’Inconscient”
Le Sujet La Conscience

La Perception

L’Inconscient

Autrui

Le Désir

L’Existence et le Temps

1. L’Inconscient – De quoi parlons-nous ?

2. Des Inconscients et des hommes

3. Les trois Inconscients et la Liberté

4. L’Inconscient  – Bibliographie

Voir aussi

Les différents articles du site.

Les Fiches de lecture.

Le Carnet de Vocabulaire Philosophique.

Les Citations.

La Grande Bibliothèque Virtuelle de la Philosophie.

Dsirmtcom, mars 2019.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.