Citations philosophiques – W-X-Y-Z

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Source : http://careli.over-blog.com/

W

[L’État a] le monopole de la violence physique légitime. Max Weber, Le Savant et le Politique.

Toute activité orientée selon l’éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées. Elle peut s’orienter selon l’éthique de responsabilité ou selon l’éthique de conviction. Max Weber, Le Savant et le Politique.

Tout homme qui fait de la politique aspire au pouvoir – soit parce qu’il le considère comme un moyen au service d’autres fins, idéales ou égoïstes, soit parce qu’il le désire “pour lui-même” en vue de jouir du sentiment de prestige qu’il confère. Max Weber, Le Savant et le Politique.

Qu’entendons-nous par politique ? […] Nous entendrons uniquement par politique la direction du groupement politique que nous appelons aujourd’hui “État”, ou l’influence que l’on exerce sur cette direction. Weber, Le Savant et le Politique.

Mais qu’est-ce donc qu’un groupement “politique” […] ? Qu’est-ce qu’un État ? […] Depuis toujours les groupements politiques les plus divers – à commencer par la parentèle – ont tous tenu la violence physique pour le moyen normal du pouvoir. Par contre il faut concevoir l’État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé – la notion de territoire étant une de ses caractéristiques -, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. Ce qui est en effet le propre de notre époque, c’est qu’elle n’accorde à tous les autres groupements, ou aux individus, le droit de faire appel à la violence que dans la mesure où l’État le tolère ; celui-ci passe donc pour l’unique source du “droit” à la violence. Ibid.

Il existe en principe […] trois raisons internes qui justifient la domination , et par conséquent, il existe trois fondements de la légitimité. Tout d’abord l’autorité de l’“éternel hier”, c’est-à-dire celles des coutumes sanctifiées par leur validité immémoriale et par l’habitude enracinée en l’homme de les respecter. [… En second lieu l’autorité fondée sur la grâce personnelle et extraordinaire d’un individu (charisme) […]. Il y a enfin l’autorité qui s’impose en vertu de la “légalité”, en vertu de la croyance en la validité d’un statut légal et d’une “compétence” positive fondée sur des règles établies rationnellement, en d’autres termes l’autorité fondée sur l’obéissance qui s’acquitte des obligations conformes au statut établi. Ibid.

C’est le gouvernement qui, dans l’État moderne, forme le seul ressort de l’action. Même là où d’autres pouvoirs (légaux) exercent une action politique, celle-ci ne s’effectue que par l’entremise du gouvernement, que les autres pouvoirs peuvent inciter à agir, mais ne peuvent pas remplacer. Le gouvernement parle au nom de l’État, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Eric Weil, Philosophie politique.

L’État moderne est une organisation consciente d’une communauté qui travaille rationnellement ; le gouvernement qui dirige les affaires de cette communauté-société doit être renseigné pour pouvoir délibérer et décider : l’appareil destiné à remplir cette fonction est l’administration. Ibid.

[L’administration] est organe subordonné. Elle remplit des tâches qu’elle ne détermine pas. Elle n’a pas de droit de décision, à moins qu’il ne lui soit délégué par le gouvernement, expressément et dans des limites déterminées par la loi. Sa réflexion s’en tient aux suppositions : quelles sont les possibilités techniques devant tel problème ou telles données ?, quelles seront les conséquences techniques de telle action dans telle situation ? C’est au gouvernement de choisir entre les possibilités hypothétiques que l’administration lui présente. La décision prise, l’administration exécute la volonté du gouvernement qu’elle n’a pas le droit de remettre en question, quoiqu’elle puisse et doive faire connaître au gouvernement les observations faites par elle au cours de cette exécution. Ibid.

Le simple fait est que l’État moderne ne saurait être, ni sans administration, ni pure administration. Ibid.

L’administration est instrument, instrument pensant et instrument de pensée, mais de la seule pensée rationnelle et calculatrice. La pensée raisonnable, qui pense la totalité vivante comme totalité et comme vivante, est l’affaire du gouvernement qui, cependant, pas plus qu’ l’individu, ne saurait penser raisonnablement sans penser rationnellement. Ibid.

Toute administration est menacée de sclérose et de formalisme ; quand elle échappe au contrôle du gouvernement et entraîne celui-ci, comme un organe maladivement grossi fausse l’équilibre du corps entier, il y a une forte chance que l’initiative de ceux qui travaillent et organisent le travail sur le plan de la société cessera de produire ses effets, puisque chacun se trouvera enchaîné par des règlements qui ne servent qu’au confort de l’administration. A quoi s’ajoute que l’administration, conscience seulement rationnelle, tend à considérer toute critique comme expression de l’arbitraire individuel (ce qu’elle n’est que trop souvent) et à développer un arbitraire à elle : toute résistance devient pour elle obstacle à vaincre, et elle croit volontiers avoir résolu un problème ou un conflit quand elle en a supprimé l’expression. Ibid.

Lorsqu’un groupement humain se croit porteur de civilisation, cette croyance même le fera succomber à la première occasion qui pourra se présenter à lui d’agir en barbare. Simone Weil, Réflexions sur la barbarie.

Aimer purement, c’est consentir à la distance, c’est adorer la distance entre soi et ce qu’on aime. Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce.

Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie : aimer soi-même comme un étranger. Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce.

Aimer la vérité signifie supporter le vide, et par suite accepter la mort. La vérité est du côté de la mort. Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce.

J’ai beau mourir, l’univers continue. Cela ne me console pas si je suis autre que l’univers. Mais si l’univers est à mon âme comme un autre corps, ma mort cesse d’avoir pour moi plus d’importance que celle d’un inconnu. De même mes souffrances. Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce.

La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi ; en ce sens l’athéisme est une purification. Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n’est pas faite pour Dieu. Parmi les hommes chez qui la partie surnaturelle d’eux-mêmes n’est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort. Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce.

Il y a deux athéismes, dont l’un est une purification de la notion de Dieu. (…) Entre deux hommes qui n’ont pas l’expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près. Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce.

La beauté est l’éternité sensible. Simone Weil, La Connaissance surnaturelle.

Nous vivons ici-bas dans un mélange de temps et d’éternité. L’enfer serait du temps pur. Simone Weil, La Connaissance surnaturelle.

L’homme n’a pas d’être, il n’a que de l’avoir. L’être de l’homme est situé derrière le rideau, du côté du surnaturel. Ce qu’il peut connaître de lui-même, c’est seulement ce qui lui est prêté par les circonstances. Je est caché pour moi et pour autrui ; il est du côté de Dieu, il est en Dieu, il est Dieu. Être orgueilleux, c’est oublier qu’on est Dieu… Le rideau, c’est la misère humaine : il y avait un rideau même pour le Christ. Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce.

Il est très important pour la mère que le bébé découvre le bout de sein de façon créative. [Le bébé doit en effet avoir l’impression] d’être le créateur de l’objet qu’il doit découvrir; (…) Pour inhiber un bébé et l’empêcher de se nourrir au sein, et en vérité de se nourrir tout court, il n’y a qu’à introduire le sein dans le bébé sans lui donner l’occasion d’être le créateur de l’objet qu’il doit découvrir. Donald W. Winnicot.

Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Toutes les propositions de logique disent la même chose. A savoir rien. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Le but de la philosophie est la clarification logique de la pensée. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Le monde est indépendant de ma volonté. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Aucun énoncé de faits ne peut être ou ne peut impliquer un jugement de valeur absolu. Wittgenstein, Leçons et Conversations.

Le sens du monde doit se trouver en dehors du monde. Dans le monde toutes choses sont comme elles sont et se produisent comme elles se produisent : il n’y a en lui aucune valeur – et s’il y en avait une, elle serait sans valeur. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Dans la mesure où l’éthique naît du désir de dire quelque chose de la signification ultime de la vie, du bien absolu, ce ce qui a une valeur absolue, l’éthique ne peut pas être une science. Ce qu’elle dit n’ajoute rien à notre savoir, en aucun sens. Mais elle nous documente sur une tendance qui existe dans l’esprit de l’homme, tendance que je ne puis que respecter profondément quant à moi, et que je ne saurais sur ma vie tourner en dérision. Wittgenstein, Leçons et Conversations.

La mort n’est pas un événement de la vie. La mort ne peut être vécue. Si l’on entend par éternité, non pas une durée temporelle infinie, mais l’intemporalité, alors celui-là vit éternellement qui vit dans le présent. Notre vie est tout autant sans fin que notre champ de vision est sans limites. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Ce que l’on peut se demander, c’est s’il peut être sensé d’en douter. Wittgenstein, De la certitude.

Croire en Dieu signifie voir que la vie a un sens. Wittgenstein, Carnets.

Il y a en effet quelque chose dans la conception selon laquelle le beau serait le but de l’art. Et le beau est justement ce qui rend heureux. Wittgenstein, Carnets.

Le miracle, esthétiquement parlant, c’est qu’il y ait un monde. Que ce qui est soit. Le point de vue esthétique sur le monde consiste-t-il essentiellement à la contemplation du monde par un regard heureux ? La vie est sérieuse, l’art est serein. Wittgenstein, Carnets.

La solution de l’énigme de la vie dans l’espace et le temps se trouve hors de l’espace et du temps. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Seul celui qui ne vit pas dans le temps mais dans le présent est heureux. Wittgenstein, Carnets.

X

Cependant si les bœufs, [les chevaux] et les lions avaient aussi des mains, et si avec ces mains ils savaient dessiner,et savaient modeler les œuvres qu’[avec art] les hommes façonnent, les chevaux forgeraient des dieux chevalins, et les bœufs donneraient aux dieux forme bovins : chacun dessinerait pour son dieu l’apparence imitant la démarche et le corps de chacun. Xénophane de Colophon, Silles.

De la terre tout vient, et tout redevient terre. Xénophane.

Y

Z

[Le bonheur] C’est une vie au cours tranquille. Zénon.

Une fois que vous mettez un uniforme et qu’on vous donne un rôle, (…) vous n’êtes plus la même personne. (…) Vous devez agir en fonction de votre costume et de ce qu’il signifie. Philip Zimbardo, The Lucifer Effect : Understanding How Good People Turn Evil.

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