Carnet de vocabulaire philosophique – En Acte / En Puissance

Philosophie – Carnet de Vocabulaire


En Acte / En Puissance

Auteur – Ouvrage :

Aristote

(…) l’acte est, pour la chose, le fait d’exister, mais non de la manière dont nous disons qu’elle existe en puissance. Nous disons par exemple qu’Hermès est en puissance dans le bois et la moitié de la ligne dans la ligne entière, parce qu’ils pourraient en être tirés, et même celui qui n’est pas en train d’étudier, nous le disons savant s’il a la puissance d’étudier ; l’autre manière est l’existence en acte. (…) par exemple ce qui bâtit est à ce qui est capable de bâtir comme ce qui est éveillé à ce qui dort, ce qui voit à ce qui a les yeux fermés, mais possède la vue, ce qui est séparé de la matière à la matière et ce qui est achevé à ce qui est inachevé. Métaphysique, 1048 a-b.

Définition

En Acte : ce qui existe, qui est réalisé ; En Puissance : ce qui est contingent, possible, qui n’est pas mais qui peut être, qui peut devenir. Exemples : le bloc de marbre et la statue ; l’embryon et l’être humain

Références

Larousse étymologique :

Latin actum, participe passé substantivé de agere, agir.

Lalande :

[Acte :] La notion d’acte a, chez Aristote, deux sens principaux :

  1. L’acte est l’exercice même de l’activité, par opposition à la puissance de l’activité. Aristote établit une distinction entre l’activité qui tend à un but extérieur (p. ex. la construction), et l’activité qui est à elle-même sa propre fin (p. ex. la vision ou la pensée). (…) Aristote distinguant la seconde activité de la première comme l’acte proprement dit du mouvement.
  2. L’acte est la forme, par opposition à la matière. Considérée par rapport à l’activité, la forme en est la puissance.

[Puissance :] La puissance est (…) d’une part ambiguïté et indétermination. D’autre part, en tant justement qu’elle n’est pas un non-être absolu, mais un non-être relatif, une possibilité ambiguë des contraires, elle tend vers l’être et le désir : c’est ce qu’Aristote dit de la matière, dont la puissance est un des caractères principaux ; elle aspire à la forme c’est-à-dire à la réalisation, en tant que la forme est ce qui est bon, divin et désirable.

Morfaux

[Acte :] Dans la tradition aristotélicienne, l’acte s’oppose à la puissance comme la forme par opposition à la matière (la statue et le bronze dont elle est faite), comme la vision est la fonction de l’œil. L’être en puissance n’a de sens que relativement à l’être en acte, l’inachevé relativement à l’achèvement, à l’accomplissement, à la perfection d’une essence.

[Puissance :] Chez Aristote, les scolastiques et les cartésiens, l’être à l’état virtuel, dit « en puissance », cette virtualité pouvant être :

  1. Une puissance active d’accéder à une certaine forme d’être par développement ; ex. la chenille qui deviendra chrysalide et papillon ;
  2. Une puissance passive, simple possibilité entre celles que peut devenir un être, ainsi celle du bloc de bois de devenir statue (…) ;

Le passage de la puissance à l’acte correspond à l’information de la matière par la forme.

Godin :

[Acte :] Résultat d’une activité. Au Moyen Âge, les commentateurs d’Aristote ont traduit par actus (« acte » en latin) le terme grec d' »energia » (qui a donné notre « énergie ») – d’où l’expression « en acte », qui dans la pensée d’Aristote renvoie au résultat d’un processus ou d’une action, « en acte », équivalent à « achevé ». Opposé à « en puissance ». Ex. (…) : dans un bloc de marbre, la statue qui n’existe qu’en puissance, la statue terminée par le sculpteur est « en acte ». Autres ex. : le corps adulte est « en acte », alors qu’il n’était qu' »en puissance » durant l’enfance, la graine est l’arbre en puissance, l’arbre est « l’acte » de la graine, etc.

[Puissance :] Force ou ensemble de forces capables de produire un effet. (…) La puissance se distingue du pouvoir en ce que celui-ci présuppose la conscience et la volonté.

Vanhoutte :

(…) l’acte est la manifestation plus simple des capacités d’un être vivant. (…) Être en acte, c’est être pleinement réalisé, par opposition à ce qui est virtuel.

La puissance désigne chez Aristote l’être virtuel, en voie de devenir. L’être en puissance est ce qui n’est pas encore en acte, c’est un possible. Le passage de la puissance à l’acte achève l’être et le réalise.

Voir aussi

Carnet de Vocabulaire : absolu – relatif – scolastique.

Dsirmtcom, mai 2019.

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