Hegel – Histoire de la Philosophie

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Poisson voyageur (street-art Lisbonne) – Photo @dsirmtcom, janvier 2018

Notes philosophiques n° 19

Texte du jour

[…] Il ne faut pas croire trouver chez les Anciens des réponses aux questions que pose notre conscience, notre intérêt ; car celles-ci présument une culture plus grande, une détermination plus profonde de la pensée que celle-ci qui existait chez les anciens dont la notion n’était pas parvenue à l’intensité de notre pensée. Chaque philosophie est celle de son époque, est un anneau de la chaîne du développement de l’esprit ; elle ne peut donc satisfaire que les intérêts qui correspondent à son époque.

Nous l’avons déjà observé, par leur principe les philosophies continuent d’exister ; les degrés où elles furent vivantes sont aussi dans notre philosophie ; celle-ci toutefois les a dépassés, les précédentes philosophies ne peuvent donc reclus être réanimées ; il ne peut plus y avoir de philosophie platonicienne, aristotélicienne. Leurs notions et leurs formes ne conviennent plus à notre conscience. […]

Ce qui a été dit jusqu’ici définit la notion, l’importance de l’histoire de la philosophie. Nous devons voir dans les philosophies particulières les degrés du développement d’une seule Idée ; chaque philosophie se présente comme une nécessaire détermination pensée de l’Idée. L’arbitraire ne règne pas dans la suite des philosophies ; l’ordre dans lequel elle apparaisse est déterminé par la nécessité. L’exposé de l’histoire de la philosophie montrera d’une manière plus précise qu’elle en est la nature. Chaque moment comprend la totalité de l’idée sous une forme unilatérale et il se trouve mis de côté par suite de ce caractère et se réfutant ainsi en tant qu’élément dernier, il se combine avec la détermination qui lui était opposée et lui faisait défaut, en s’approfondissant et s’enrichissant de cette manière. C’est là la dialectique de ces déterminations. Le mouvement toutefois ne s’achève pas dans le néant, mais les déterminations écartées sont elles-mêmes affirmatives. C’est dans ce sens que nous traiterons l’histoire de la philosophie.

Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie.

Introduction

A quoi bon lire Platon ou Aristote ? Ces philosophes font désormais partie d’un passé révolu et qui ne peut resurgir en l’état. Dans ce texte de Hegel sur l’histoire de la philosophie, il semble que nous devions abandonner les philosophes antiques, puisqu’ils ne seront plus jamais en mesure de répondre aux questions que nous nous posons aujourd’hui. Mais alors,  Platon et Aristote ne peuvent-il donc définitivement plus rien pour nous ? Et si ces philosophes ne sont plus que de l’histoire “ancienne – et Antique -, comment concevoir  de porter un intérêt à l’histoire de la philosophie ? Et si tant est que cette histoire de la philosophie présente un intérêt, comment se présente-t-elle, comment s’exprime-t-elle ?

Ne pas tenter de réanimer Platon ou Aristote

La philosophie ne répond plus

Lorsque nous sommes en quête de résoudre avec la philosophie les problèmes posés par notre existence humaine, les philosophies anciennes sont impuissantes à nous apporter une réponse. Ainsi donc, Thalès (voir l’article Les origines de la philosophie – L’École ionienne), Platon ou Aristote ne pourront paradoxalement nous être d’aucune aide directe. Dans le chapitre dont est extrait le texte que nous étudions ici, Hegel écrit à propos de ces philosophes antiques :

On peut comprendre les philosophies de Platon, d’Aristote ; mais ils n’offrent pas de réponses aux questions que nous leur posons ; ils avaient d’autres besoins. Hegel, Op. cit.

Si nous pouvons étudier la théorie des Idées de Platon, son allégorie de la Caverne (voir l’article Une “Vie accomplie” – Aider à mourir quand la vie n’a plus de sens ?), ou bien encore le souverain bien d’Aristote, notre conscience ne peut leur poser aucune question. Et ce n’est pas, ce qui est une évidence, parce qu’ils ne peuvent être présents physiquement auprès de nous, ayant vécu il y a plus de deux mille ans. C’est parce que des différences nous séparent et sont irréductibles. Nos intérêts ne sont pas identiques

Nos questions actuelles – où plutôt ici celles de la période de Hegel, philosophe allemand du début du XIXe siècle – ne se posent pas dans un contexte culturel et philosophique équivalent. Selon Hegel, notre contexte culturel est plus étendu que ne pouvait l’être celui des philosophes antiques. De même, la pensée philosophique contemporaine de ce philosophe est considéré par lui comme plus approfondie que la pensée de l’Antiquité.

A chaque philosophie son époque

Tout est fonction du contexte

Toute philosophie doit donc être contextualisée en fonction de la période où elle apparaît. Voici la définition du terme “contexte” :

Ensemble des conditions, des circonstances permettant d’interpréter un fait historique, un phénomène scientifique particulier. L.-M. Morfaux, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines.

Les réponses qu’apporte une philosophie à une époque donnée vont dépendre de multiples facteurs : état des connaissances ; conception du monde, des êtres et des choses ; organisation sociale ; etc. Le terme “contexte” signifie étymologiquement “tisser ensemble” (du latin contexus, de contextere – Morfaux, Op. cit.). Tous ces facteurs s’imbriquent avec la philosophie.

Les philosophies diverses divergent

Lorsque Platon évoque les maladies de l’âme (voir l’article Platon, Timée ou De la Nature – Les maladies de l’âme), il fonde sa pensée sur la conception qu’a Hippocrate des maladies mentales : elles surviennent à l’occasion d’un dérèglement des “humeurs”, comme le sperme, les pituites, les phlegmes et la bile. Nous sommes là à mille lieues de la théorie freudienne de l’appareil psychique divisé en trois instances – le Ça, le Moi et le Surmoi -, ou de la distinction des maladies mentales en psychoses et névroses. Pareillement, lorsque Thalès de Milet conçoit la Terre comme flottant sur l’eau (voir l’article Les origines de la philosophie – L’École ionienne), il ne peut imaginer le système solaire héliocentrique de Galilée. Enfin, l’apparition des philosophes dans la Grèce antique a notamment été favorisée par l’évolution de l’organisation de la société athénienne (voir l’article Où commence la philosophie ?). Le métier de philosophe peut émerger parce le travail est divisé entre les citoyens : certains occupent des fonctions politiques ; le travail, considéré comme dévalorisant, revient aux esclaves ou à des classes inférieures ; et le philosophe dispose de tout son temps pour philosopher.

La dialectique du maître et de l’esclave

Restons sur ces notions de travail et d’esclavage, et voyons comment les décrit Hegel :

(…) là où le maître s’est réalisé complètement, il trouve tout autre chose qu’une conscience indépendante (…), mais plutôt une conscience dépendante. (…) En conséquence, la vérité de la conscience indépendante est la conscience servile. Hegel, Phénoménologie de l’esprit.

Dans cet exemple qu’il donne de la dialectique du maître et de l’esclave, il démontre que, là où de prime abord nous pourrions croire que le maître domine l’esclave et que ce dernier dépend de lui, c’est l’inverse qui se produit. Sans le travail de l’esclave, qui transforme les choses pour assouvir le désir de son maître, celui-ci ne pourrait jamais satisfaire son désir : c’est donc bien le maître qui dépend de l’esclave et de sa production. Voilà une conception très différente du travail de celle de la Grèce antique.

La chaîne des philosophies

Devant ces philosophies reliées au Temps, Hegel évoque une évolution de l’esprit, dont les philosophies successives formeraient les maillons d’une chaîne. Comme nous venons de le voir, chaque maillon comprendrait la philosophie selon sa chronologie historique. Cette philosophie, placée dans son contexte historique, répond au questionnement de son époque. Quand Platon réfléchit au corps comme prison de l’âme, il ne peut pas répondre au doute hyperbolique de Descartes qui remet tout en cause et cherche à voir “clairement et distinctement” ce qui est vrai (voir les articles Platon, Phédon – Le corps prison de l’âme et La “Méthode” selon Descartes). Pourtant, les “sens trompeurs” de Descartes rejoignent les apparences mensongères du monde sensible de Platon.

Exister par son principe

Même si chaque philosophie dépend de son contexte historique, elle n’en est pas moins toujours présente. Cette persistance de leur existence tient à leurs principes. Hegel définit ainsi la philosophie qui lui est contemporaine :

Dans la philosophie la plus récente se trouvent réunis les principes des précédentes. Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie.

Nous avons déjà abordé cette notion de principe dans l’article Kant – “On ne peut tout au plus qu’apprendre à philosopher”. Le principe est l’élément originel d’une philosophie. La philosophie d’aujourd’hui se fondent sur tous les principes de celles qui l’ont précédées. Voilà à nouveau la conception d’une chaîne des philosophies, dont chaque principe se relie au suivant et permet aux philosophies anciennes d’être toujours présentes. Tout comme dans le roman Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, le sourire du chat du Chesire reste encore visible alors qu’il a complètement disparu, le regard porté par les philosophes anciens sert encore à notre “vision de l’esprit” actuelle.(sur la notion de “vision de l’esprit », voir l’article Platon, Phédon – Le corps prison de l’âme).

Pourtant, même si ces philosophies anciennes existent par leurs principes dans la philosophie actuelles, celle-ci est arrivé déjà bien plus loin sur le chemin de la philosophie. En dehors de leurs principes, il est devenu impossible de redonner une âme – “ré-animer” à ces philosophies. La réminiscence n’est pas de mise pour les philosophies anciennes (sur la notion de réminiscence, voir l’article Platon, Ménon – L’opinion droite).

Notions et formes surannées

La conséquence de cette impossibilité de faire revivre les philosophies anciennes au-delà de leurs principes est la parole de Platon ou d’Aristote ne peut plus se faire entendre aujourd’hui. Nous ne pourrions avoir avec eux un dialogue socratique, car nous ne saurions faire coïncider et synchroniser nos pensées. Leurs pensées ne pourraient plus nous “convenir”. L’étymologie du verbe “convenir” vient du latin convĕnīre qui signifie venir ensemble, et au figuré “être d’accord” (Dictionnaire étymologique et historique du français, éd. Larousse). Notre pensée ne peut plus cheminer avec celles de Platon et d’Aristote, et eux et nous ne pouvons parvenir à un accord autre que sur leurs principes, et non sur les questionnement actuels de notre conscience.

C’est une belle histoire

Si les philosophies anciennes ne peuvent nous apporter de réponse, car elles ne s’expriment qu’en fonction de leur époque ; si leur pensée n’est plus actuelle ; elles constituent par leurs principes la chaîne des philosophies qui aboutit à la philosophie actuelle. Cette continuité, ce “développement de l’esprit”, montre, selon Hegel, toute l’importance que revêt l’histoire de la philosophie. Cet esprit en développement, cette pensée actuelle dépassant toutes les anciennes relie philosophie et histoire de la philosophie, comme l’écrit Hegel dans une autre partie du texte :

En philosophie il faut commencer par les notions les plus simples pour passer ensuite aux plus concrètes ; il en est de même pour l’histoire de la philosophie. Hegel, Op. cit.

Cette phrase recèle des accents cartésiens rappelant la règle de l’analyse de la méthode de Descartes (voir l’article La “Méthode” selon Descartes). Pour pouvoir considérer quelque chose comme vrai, analyser jusqu’à ses éléments les plus simples, pour pouvoir ensuite reconstruire suivant “l’ordre des raisons”, autrement dit pour pouvoir redécouvrir la chaîne rationnelle qui ici unit toutes les philosophies, anciennes et actuelles. La philosophie rejoint donc ici l’histoire de la philosophie par sa démarche, dans son “développement”.

Un mouvement déterminé

J’ai une Idée

L’ADN philosophique

Tout comme Kant considère que la philosophie est la “simple idée d’une science possible” (voir l’article Kant – “On ne peut tout au plus qu’apprendre à philosopher”), archétype, modèle de référence pour tous ceux qui veulent philosopher, Hegel affirme la philosophie est “une seule Idée”, sur laquelle l’ensemble des philosophies “particulières” se sont fondées. Il reprend la notion de chaîne des philosophies que nous avons étudiée précédemment. L’emploi de la majuscule pour le terme “Idée” fait immanquablement penser à Platon. Celui-ci développe le concept d’Idées, qui sont dans le monde intelligible, qui est le monde de la véritable réalité, opposé au monde sensible, celui que nous percevons pas nos sens et qui n’est qu’apparence (voir l’article Platon, Ménon – L’opinion droite). Les choses du monde sensible “participent” des Idées : un objet qualifié de beau n’est pas l’idée du Beau “en soi” (voir le Carnet de Vocabulaire), mais il participe de l’Idée du Beau. Nous pourrions opérer ici une comparaison avec le mécanisme de transmission de l’ADN en ARN :

Lors de la transcription du gène, un des brins d’ADN est transcrit en séquence ARN par un complexe d’une douzaine de protéines, l’ARN polymérase (…). Cette copie, appelée ARN messager (ARNm), est destinée à l’usine de fabrication des protéines et lui fournit la recette (séquence d’assemblage) de la protéine codée par le gène. C.Sauter, La transcription de l’ADN en ARN.

Ainsi, le “gène” originel de la philosophie – l‘archétype, le “prototype”, termes utilisés par Kant -, va permettre au philosophe d’avoir la “recette” pour construire sa philosophie particulière : il va “transcrire” l’Idée de philosophie dans sa philosophie particulière. l’étymologie du verbe “transcrire” vient du latin transcribere, de trans “au-delà” et scribere “écrire”. Le philosophe écrit au-delà de l’Idée de philosophie. Il  serait sans doute plus juste de dire que le philosophe écrit “en deçà” de l’Idée de philosophie, comme le confirme cette définition de la locution “en deçà” :

En arrière, de ce côté-ci (par rapport à un point de repère exprimé que l’on n’atteint pas). Définition de “en deçà” sur le site cnrtl.fr.

L’idée de philosophie est un point de repère, mais demeure inatteignable pour le philosophe. Les “philosophies particulières” relèveront donc toutes de l’Idée de philosophie – elles participeront d’elles -, et l’Idée de philosophie se révèlera à travers elles, dans un continuum du “développement de l’esprit”.

Nécessairement déterminée

Hegel donne une définition de la philosophie “particulière” comme “une nécessaire détermination pensée de l’Idée”. Nous devons examiner chacun des termes utilisés pour essayer de mieux comprendre sa conception de la philosophie “particulière”.

Nécessaire

Le terme de nécessaire (voir également ce terme dans le Carnet de Vocabulaire) signifie :

[Ce] qui ne peut pas ne pas être ou être autrement qu’il est ; par suite, qui ne peut pas être conçu comme n’étant pas. Morfaux, Op. cit.

C’est l’exemple de la preuve ontologique de l’existence de Dieu que soutient Descartes (voir cette notion dans le Carnet de Vocabulaire) : Dieu étant par son essence, sa nature, un “être souverainement parfait” (Descartes, Méditations métaphysiques, V), c’est donc qu’il possède toutes les perfections ; l’existence faisant partie de ces perfections, Dieu ne peut pas ne pas exister, selon Descartes. Ce qualificatif de “nécessaire” s’applique au terme “détermination”. Cette détermination ne peut donc pas ne pas être ou être autrement qu’elle n’est. Examinons à présent ce terme.

Détermination

La détermination, c’est l’ “acte de déterminer” (A. Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie). Voici la définition du verbe “déterminer” :

Fixer précisément la nature et les limites d’un objet de pensée. (…) Pour un concept : spécifier les caractères qui le distinguent d’un autre concept du même genre ; restreindre un concept donné par addition d’un ou de plusieurs caractères nouveaux. Lalande, Op. cit.

Pour bien comprendre cette notion, nous pouvons l’appliquer dans le domaine de la biologie. Le naturaliste Carl Linné a établi une classification des êtres vivants qui comprend plusieurs catégorie avec un ordre hiérarchique : règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre, espèce. L’homme, par exemple, fait partie du règne animal ; c’est un mammifère primate (classe + ordre) ; il est de l’espèce Homo sapiens (voir l’intégralité de cette classification dans l’article de M. Brunet, La classification des êtres vivants selon Carl Linné). Chacune de ces déterminations impliquent l’addition d’un caractère nouveau, qui donne la nature de l’être vivant, et la limite qui le sépare avec d’autres espèces animales.

Notons que ce terme est employé six fois dans l’extrait que nous étudions (sous les formes de “détermination” et “déterminé”) : c’est donc un terme qui présente une importance forte. La détermination va former la philosophie “particulière” : elle va lui donner sa nature, donc son essence, ce qui fait que cette philosophie est ce qu’elle est ; et elle va en fixer les contours précis. Ces contours permettront d’une part qu’elle se distingue des autres philosophies particulières par ces “frontières” établies par la détermination. D’autre part, elle se distingue de l’Idée de la philosophie, son modèle, par la réduction opérée lors de la détermination.

L’Idée

Nous retrouvons la notion d’Idée, que nous avons explorée précédemment : l’Idée de la philosophie. La détermination, comme nous l’avons vu, est nécessaire : elle ne peut pas ne pas être. Nous avions vu, dans l’article Kant – “On ne peut tout au plus qu’apprendre à philosopher”, que celui-ci a la conception de deux mondes : le monde supra-sensible ou archétype – équivalent au monde intelligible de Platon où demeurent les Idées -, et le monde sensible ou ectype. Voici comment il décrit leur relation :

[Le monde sensible] contient l’effet possible de l’idée du premier, comme principe déterminant de la volonté. Kant, Critique de la raison pratique.

L’Idée de la philosophie détermine la volonté de philosopher. Même si une philosophie “particulière” peut être contingente (voir ce terme dans le Carnet de Vocabulaire) – c’est-à-dire qu’elle peut être ou ne pas être, ou être sous une autre forme -, elle est nécessairement déterminée par son principe, autrement dit, étymologiquement, son commencement.

La détermination pensée

La détermination présente un deuxième caractère : elle est “pensée”. Cela signifie que, pour pouvoir former une philosophie “particulière”, notre outil est la pensée. Comme nous l’indiquions dans l’article Qu’est-ce que la philosophie ?, la première des facultés mobilisée pour philosopher est celle de penser. Comme nous l’avons vu plus haut, nous sommes de l’espèce Homo sapiens, ce dernier terme latin sapiens, signifie “intelligent, sage, raisonnable, prudent” (F. Gaffiot, Dictionnaire Latin Français). Toutes ces facultés reposent sur celle de penser. Souvenons-nous que la première certitude que peut établir Descartes après avoir tout révoqué par un doute hyperbolique est le Cogito :

(…) je pense, donc je suis. Descartes, Discours de la méthode.

La pensée va donc être l’outil premier pour façonner une philosophie “particulière”, à partir de son modèle, de son archétype : l’Idée de la philosophie.

Arbitraire ou nécessaire ?

A mort l’arbitre

Hegel déclare qu’il n’existe pas d’arbitraire dans la succession des philosophies. Voici la définition du terme”arbitraire” :

Qui dépend uniquement d’une décision individuelle, non d’un ordre pré-établi, ou d’une raison valable pour tous. Lalande, Op. cit.

La chaîne des philosophies ne va donc pas se construire par la volonté d’un seul, dans le désordre ou l’irrationnel d’une décision. Notons aussi le verbe “régner” utilisé par Hegel : un pouvoir arbitraire s’affranchit des lois ; il agit par caprice ou par le ”bon plaisir” de celui qui arbitre. Dans le cas présent, s’affranchir de la loi, serait s’affranchir d’un modèle, en l’occurrence celui de l’Idée de philosophie. Or nous avons vu que toute philosophie “particulière” ne pouvait se construire que sur la base de son modèle. Il y a donc bel et bien un ordre pré-établi, fondé sur l’Idée de philosophie.

Ordre et nécessité

Les philosophies qui se succèdent obéissent à un ordre. Cet ordre est ici encore nécessairement déterminé, notions que nous avons examinées précédemment. En, conséquence, cet ordre ne peut être autre qu’il n’est. Lorsque la notion d’ordre est évoquée, c’est Descartes qui est convoqué :

L’ordre consiste en cela seulement que les choses qui nous sont proposées les premières doivent être connues sans l’aide des suivantes. Descartes, Deuxième réponse aux objections sur les Méditations métaphysiques.

Il s’agit là de “l’ordre des raisons”, que nous avions déjà étudié dans l’article La “Méthode” selon Descartes. Il n’y a pas de suite “naturelle” – au sens aléatoire, contingente (voir cette notion dans le Carnet de Vocabulaire) – aux différentes philosophies. Elles se succèdent suivant cet ordre déterminé, au moyen de la pensée, et guidé par l’Idée de la philosophie. Pour certains philosophes, c’est une suite liée à leur statut de maître et de disciple, comme Socrate fut le maître de son disciple Platon, et ainsi Platon celui d’Aristote. pour d’autres, c’est par leur opposition de pensée, tel Spinoza refusant la notion de libre-arbitre de Descartes. Aucun arbitraire donc ne “règne” dans cet ordre seulement construit sur la pensée et la raison.

Nature de l’ordre

Architectonique

Comment connaître la nature, l’essence de cet ordre des philosophies ? C’est l’histoire de la philosophie qui va être en mesure d’effectuer cette tâche. Hegel écrit  :

(…) c’est l’affaire du maître qui le connaît [note de Dsirmtcom : le système de la philosophie] de systématiser l’histoire de la philosophie, d’en montrer le développement logique. Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie.

Comme Kant étudie l’architectonique – l’art des systèmes – de la philosophie dans la Critique de la Raison Pure (voir l’article Kant – “On ne peut tout au plus qu’apprendre à philosopher”), Hegel nous oriente vers le système de l’histoire de la philosophie, qui ne peut être connu que si l’on connaît déjà le système de la philosophie. Nous retrouvons ici la notion de “développement”, d’évolution des philosophies. En voici une définition :

Développer est déployer, expliquer, passer de l’implicite à l’explicite, d’où le sens d’argumenter, d’éclaircir en rhétorique. Morfaux, Op. cit.

Le développement, c’est cette progression vers le plus clair et le plus distinct, comme pourrait le dire Descartes. L’étymologie de ce terme vient de l’ancien français voloper qui signifie d’origine obscure. L’Idée de la philosophie nous apparaît difficilement avec clarté, et ce chemin des philosophies vise à s’en approcher de plus en plus, pour lever cette obscurité de la pensée.

Logique

Dans la citation de Hegel que nous venons d’examiner au précédent chapitre, celui-ci ajoute le qualificatif “logique” au terme de “développement”. Lorsque “logique”  est employé comme adjectif, son étymologie vient du grec logikos :

(…) qui concerne le logos, discours, raison, raisonnement. Morfaux, Op. cit.

Le logos est un terme très employé dans les oeuvres de Platon, mais ce mot recouvre de multiples acceptions, décrites par Bernard Suzanne, dans son article Le vocabulaire de Platon – Logos. Nous garderons ici cette définition :

[F]aculté de raisonner, raison, intelligence. B. Suzanne, Op. cit.

Nous avons déjà étudié la faculté de penser, voici celle de raisonner. Comme nous l’avons déjà écrit dans l’article Qu’est-ce que la philosophie ?, la raison est ce qui va mobiliser la faculté de penser, afin de chercher le savoir de de mieux connaître les choses qui nous entourent. Penser en effet ne suffit pas pour philosopher : nous pouvons avoir des pensées fondées sur des préjugés ou sur le “langage ordinaire” trompeur (voir l’article Descartes – La puissance de juge de l’esprit), qui n’aboutiront qu’à des opinions erronées. Ce sont des pensées d’où la raison est absente. Pour avoir un discours vrai, il nous faut faire appel à la raison – et donc avoir une pensée rationnelle. Examinons la conclusion de B. Suzanne sur la signification du logos :

(…)  la finalité de ce logos dont nous sommes seuls pourvus parmi les animaux n’est-elle que de nous donner un moyen d’agir sur les autres hommes par la seule persuasion si nous savons bien parler, comme le pense Gorgias, et avec lui la plupart des Sophistes et des rhéteurs contemporains de Socrate et Platon, ou est-elle de nous donner accès à un au-delà des mots et même des réalités purement matérielles qui nous permettra de donner « sens » à notre vie et d’orienter notre action (ergon) en vue du bien ? B. Suzanne, Op. cit.

Si nous en restons à la philosophie dont le discours se fonde sur la raison, et non sur celui des Sophistes qui ne veut que persuader sans se soucier de la vérité de ce qu’il dit, nous trouvons dans le logos ce qui va donner du sens et déterminer nos actes. L’ordre de succession des philosophies, son développement, trouvera sa logique dans le logos. Ce dernier donnera le sens et l’orientation de la chaîne des philosophies, par sa détermination nécessaire. Cet ordre sera comparable à “l’ordre des raisons” cartésien, que nous avons examiné plus haut. L’ordre des philosophies fera que les premières seront connues sans avoir besoin de connaître les suivantes : Il n’est pas nécessaire de connaître la doctrine de Descartes pour connaître celle de Platon. Et il fera également que les philosophies suivantes devront se déduire des premières : les sens trompeurs de Descartes trouveront leur lien avec le monde sensible de Platon, monde d’apparence et de mensonge où notre perception par les sens aveugle la connaissance du monde intelligible, le seul à être vrai. Et, comme nous allons le voir à présent, ce lien se fondera à chaque fois sur l’Idée de la philosophie

Idée d’un moment

Compréhension

Chaque philosophie “particulière », chaque “moment” comme l’écrit Hegel, sera donc fondé sur l’Idée de philosophie. Nous avons évoqué plus haut le monde platonicien, où les choses participent du monde des Idées, en le comparant à la transcription de l’ADN vers l’ARN, son messager, porteur d’une partie seulement du message complet de l’ADN. L’ADN philosophique – l’Idée de la philosophie – va se retrouver dans chaque moment philosophique – les philosophies particulières qui participent de l’Idée. Lorsque Hegel écrit que “chaque moment comprend la totalité de l’Idée”, il faut sans doute saisir ce terme sous cette définition :

[E]nsemble des qualités ou des caractères essentiels communs appartenant à un terme ou à un concept, qui s’exprime par la définition. (…) Quand un terme est contenu en extension dans un autre (ex. Socrate par rapport à Grec), le second est contenu en compréhension dans le premier). Morfaux, Op. cit.

Il faut ici comprendre l’exemple en le déclinant : quand nous évoquons Socrate, notre connaissance – sous réserves d’avoir déjà entendu parler de ce philosophe – lui associe son appartenance à la société grecque. Nous associons Socrate et Grec, parce que nous les associons, La Grèce est comprise en Socrate, mais Socrate ne représente pas tous les Grecs, comme dans le célèbre syllogisme :

Tous les hommes sont mortels
Or Socrate est un homme
Donc Socrate est mortel.

Socrate possède comme tous les hommes la caractéristique d’être mortel, mais il n’est pas tous les hommes. Ainsi les philosophies “particulières” participent de l’Idée de la philosophie, mais même si nous les réunissons toutes ensemble, elles ne seront pas l’Idée de la philosophie. Le mouvement de l’ADN philosophique ne se produit que dans un seul sens, unilatéral, vers la philosophie “particulière”. L’ARN messager, transcrit par l’ADN, ira porter son message, mais en aucun cas il ne pourra revenir vers l’ADN, ni représenter son intégralité même s’il contient dans son essence la “compréhension” de l’ADN. Il faut donc bien considérer ici que chaque moment philosophique contient dans son essence la totalité de l’Idée de philosophie, mais que son existence n’est qu’une expression de cette essence. Il ne peut donc prétendre à être à une hauteur égale à celle de l’Idée de philosophie.

Pas de dernier moment

Chaque moment étant l’expression de l’essence de l’Idée de philosophie, même s’il est le plus récent apparu, ne peut être un moment ultime. Autrement dit, la philosophie n’a pas de fin. Nous avons déjà évoqué la différence que Kant établit entre la philosophie et les mathématiques (voir l’article Kant – “On ne peut tout au plus qu’apprendre à philosopher”. Alors que l’on peut apprendre les mathématiques – enseignés par une autre raison que la notre : Euclide, Pythagore, etc. – et ensuite les utiliser avec notre propre raison, il n’est pas possible d’apprendre ne serait-ce que la philosophie entière d’un Platon, et de pouvoir ensuite la réutiliser telle quelle. Nous pourrions réciter Ménon, Phédon ou L’apologie de Socrate, nous ne serions pas en mesure de philosopher comme Platon. Les mathématiques étudient un problème pour trouver une solution. La philosophie étudie un problème pour apporter des réponses possibles (voir l’article Qu’est-ce que la philosophie). Au même problème, Platon répondra d’une façon et Descartes d’une autre. Le philosophe rationaliste fondera sa philosophie sur la pensée rationnelle, l’empiriste sur l’expérience. Chaque moment vient donc s’ajouter au précédent, et, même s’il apporte une réponse complémentaire à celui-ci, il ne peut prétendre à conclure le discours philosophique. Au mieux, il contribuera à mieux éclairer la réflexion sur le problème.

Approfondissement du moment

Cette contribution à l’évolution de la pensée philosophique donnera de l’ampleur au moment qui vient s’y ajouter. Platon évoque le monde sensible, où nous percevons par nos sens, mais qui n’est qu’apparence. Descartes opinera en considérant les sens comme trompeurs, et ajoutera le Cogito. Les deux approches se succèderont dans un ordre “déterminé par la nécessité” comme nous l’avons vu plus haut. Et ils se potentialiseront , gagneront en “profondeur” de réflexion, chacun pour eux-mêmes, mais aussi mutuellement. Soumis à la détermination, chaque moment révélera son existence fondée sur la même essence.

Le dialogue des déterminations

Cet enrichissement mutuel des moments philosophiques s’opère selon Hegel par une “dialectique” des déterminations. Nous avons déjà étudié ce terme dans l’article Philosophie et concept, selon Gilles Deleuze. La dialectique, c’est l’art du dialogue, qui cherche à parvenir à la vérité et à un accord entre les interlocuteurs qui pratiquent cet échange. Ici, il ne s’agit pas d’un dialogue entre des personnes physiques, mais entre les déterminations. Comme nous l’avons vu précédemment, la détermination va donner sa nature, son essence à la philosophie “particulière”, sur la base de l’Idée de philosophie. Et comme ces philosophies “particulières” forment une chaîne où chacune est reliée à celle qui la précède et à celle qui la suit, c’est par ce dialogue des déterminations qu’elles vont ainsi contribuer au “développement de l’esprit” en quête de vérité.

Sur ma route, il y a du move

Le dialogue perpétuel

Ce dialogue des déterminations est un mouvement perpétuel qui n’a pas de fin. Nous avons déjà noté qu’il ne pouvait exister un moment ultime, qui apporterait une réponse définitive à l’examen des questions existentielles que se pose l’être humain au travers du philosophe. IL ne peut donc y avoir de “néant” de la philosophie. Nous avons évoqué la notion de “nécessité”, qui fait qu’une chose ne peut pas ne pas être ou être autrement. Le néant, c’est le non-être, autrement dit ce qui n’est pas, ce qui n’existe pas.Or, même si les philosophies “particulières” ne sont pas l’Idée de la philosophie, elles existent nécessairement en se fondant sur cette Idée, en étant déterminées par elle. Et elles ne peuvent pas être autrement que prenant leur essence de cette Idée. Cette chaîne des philosophies étant sans fin, elle ne peut donc s’achever. Etymologiquement, achever, c’est “arriver à la fin, arriver à chef (caput)” (Larousse, Dictionnaire étymologique et historique du français). Le “chef” – au sens de “tête“ – de la philosophie est son Idée. Comme il est impossible de parvenir à l’Idée de philosophie, il est impossible d’achever, d’atteindre une quelconque fin de la philosophie. Si la détermination fixe “la nature et les limites” de chaque philosophie “particulière”, l’Idée de philosophie ne connait aucune limite, elle est in-finie.

Apories affirmatives

Dans cette dialectique des déterminations, il peut advenir que certaines d’entre elles ne soient pas retenues, tout comme dans un dialogue socratique. C’est l’exemple du Théétète ou De la Science de Platon, où Socrate dialogue avec Théodore le géomètre et Théétète, un des grands mathématiciens de son époque. Le dialogue porte sur la nature du savoir et de la connaissance. Après avoir examiné plusieurs tentatives d’explication, comme la connaissance par la sensation ou par l’opinion, le dialogue se conclut sur le constat d’une impasse, d’une aporie (voir ce terme dans le Carnet de Vocabulaire), autrement dit d’un constat d’ignorance – le problème, la question ne trouve pas de solution ou de réponse -, mais qui n’est en aucun cas un échec :

(…) tu auras alors la sagesse de ne pas te figurer savoir ce que tu ne sais pas ! Platon, Op. cit.

Ce constat d’ignorance conduit à prendre conscience que nous ne savons pas, ce qui constitue une ignorance saine selon Socrate, contrairement aux Sophistes qui imaginent savoir quand il ne savent rien (voir l’article Platon, Phédon – Le corps prison de l’âme), et manipulent ainsi leur auditoire à partir de vérités fallacieuses. Les déterminations écartées ont donc une valeur dialectique : même si elles ne peuvent être retenues, elles contribuent à l’avancée du dialogue vers la vérité.

L’empire du sens

Ce mouvement perpétuel des moments philosophiques va donner un sens à la philosophie et à l’étude de l’histoire de la philosophie. Nous avons déjà étudié les différentes acceptions que peut prendre le terme “sens” dans l’article Une “Vie accomplie” – Aider à mourir quand la vie n’a plus de sens : direction, signification et sensibilité.

Direction et finalité

Le ”sens” dans lequel Hegel veut traiter de l’histoire de la philosophie poursuit une finalité, un Télos au sens aristotélicien : la finalité, c’est s’approcher au plus près de l’Idée de philosophie, à l’instar du prisonnier de la Caverne de Platon, qui veut atteindre le Soleil, symbole de l’Idée du Bien. La finalité c’est comprendre, ou pour le moins appréhender “la chaîne du développement de l’esprit” :

L’intérêt de cette histoire [de la philosophie], c’est donc la pensée qui se détermine dans une progression strictement scientifique. Hegel, Op. cit.

Hegel conçoit l’histoire de la philosophie comme Darwin conçoit l’évolution des espèces. La pensée philosophique évolue au travers des différentes moments de la “chaîne du développement de l’esprit”. Elle se construit et se complexifie au fur et à mesure de son évolution.

Signification

La signification que nous pouvons attribuer à cette évolution de la philosophie est son inscription dans une chronologie.

L’histoire de la philosophie est la réplique de la philosophie sauf que son évolution s’opère dans le temps, dans la sphère phénoménale, à l’extérieur. Hegel, Op. cit.

Si l’Idée de philosophie est in-finie, et donc ne s’inscrit dans aucune temporalité, son expression par le biais des philosophies “particulières” est marquée par le déroulement dans le temps. Hegel utilise des termes ayant une connotation avec la notion de durée et de chronologie : moment, époque, développement, mouvement. La dialectique des déterminations qu’il évoque n’existe que si elle se déploie dans une temporalité. Le terme même d’ “histoire” résume complètement cette notion de temps :

[D]iscipline ayant pour objet la reconstitution et le récit du passé des sociétés humaines (…). Morfaux, Op. cit.

Hegel donne ici sa signification, son “sens” à l’histoire de la philosophie : c’est le développement de la pensée depuis les premières philosophies platonicienne et artistotélicienne, jusqu’à la philosophie contemporaine.

Sensibilité

Et c’est justement cette philosophie contemporaine, celle du temps présent, qui va permettre de considérer l’évolution de la pensée au travers des siècles philosophiques. En se rendant sensible à ce présent de la philosophie, il devient possible de comprendre le “sens” – en terme de direction et de signification – de ce qu’est la philosophie. Le terme “sensible” vient du latin sensibilis, qui signifie “qui tombe sous le sens” (Morfaux, Op. cit.). Nous allons percevoir, avec l’histoire de la philosophie, le – ou les – sens de la philosophie. Cette perception fera sans doute plus appel à la “vision de l’esprit” de Platon (voir l’article Platon, Phédon – Le corps prison de l’âme) qu’à nos sens physiques propres.

Conclusion

Même si les philosophes antiques ne peuvent plus répondre directement aux questions que nous nous posons aujourd’hui, nous ne devons en aucun cas révoquer leurs philosophies. Celles-ci ont répondu au questionnement de leur époque, mais elles ont aussi été les premiers maillons de la “chaîne du développement de l’esprit” qui s’est poursuivi jusqu’à nos jours, et qui se poursuivra encore, tant qu’il y aura des philosophes.

Il y a donc bien un intérêt majeur à étudier l’histoire de la philosophie, et surtout à bien comprendre le mécanisme qui préside à ce “développement de l’esprit”. Les philosophies, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, sont liées entre elles et se fondent sur la philosophie “en soi”, que Hegel décrit comme l’Idée – au sens platonicien du terme, preuve que les philosophes antiques nous sont toujours utiles et incontournables – de la philosophie. Cette Idée de la philosophie s’exprime dans des philosophies “particulières”, des “moments” philosophiques, qui s’enchaînent les uns aux autres, pour faire progresser plus avant la philosophie. L’histoire de la philosophie a un intérêt, et elle a aussi un sens, inscrit dans le temps. Etudier l’histoire de la philosophie permettra de percevoir l’essence de la philosophie et l’approfondissement de la pensée philosophique au fil des siècles.

 

Dsirmtcom, janvier 2018.

Bibliographie

Michel Brunet, La classification des êtres vivants selon Carl Linné

Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles.

Descartes, Deuxième réponse aux objections sur les Méditations métaphysiques.

Descartes, Discours de la méthode, Paris, Librairie Générale Française. Texte en accès libre.

Gaffiot, Dictionnaire Latin Français

Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie.

Hegel, Phénoménologie de l’esprit (extrait)

Kant, Critique de la raison pratique.

Kant, Critique de la raison pure.

Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie

Larousse, Dictionnaire étymologique et historique du français.

L.-M. Morfaux, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines.

Platon, Théétète ou De la Science.

Claude Sauter, La transcription de l’ADN en ARN.

Bernard Suzanne, dans son article Le vocabulaire de Platon – Logos.

 

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2 réponses à “Hegel – Histoire de la Philosophie

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